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Cameroun: une journaliste arrêtée pour propagation de fausses nouvelles

Mimi Mefo est détenue à la prison centrale de Douala depuis le 07/11/2018

La journaliste Mimi Mefo Mimi Mefo a été placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala dans la nuit de mercredi.

La rédactrice en chef d’équinoxe Tv et radio de langue anglaise a été déférée, menottes aux poignets, à la prison centrale de New-Bell mercredi. Avant d’y être conduite, elle a été entendue à la Légion de Gendarmerie du Littoral à Douala puis chez le commissaire du gouvernement  du Tribunal militaire de la capitale économique.

Mimi Mefo est accusée de « propagation de fausses nouvelles » et « cybercriminalité » pour avoir établi la responsabilité des militaires camerounais dans l’assassinat de Charles Trumann, le missionnaire américain tué le 30 octobre dans le Nord-Ouest. Elle annonçait, dans un tweet que ce n’était pas la première fois que les soldats tuaient des étrangers dans le cadre des conflits qui les opposent aux sécessionnistes.

Une version que ne reconnait pas le haut-commandement de l’armée. La version officielle fournie par les forces de défense fait savoir que le missionnaire américain a été tué  du fait de terroristes qui tentaient d’attaquer la brigade de gendarmerie de Bambui. Quatre des assaillants ont été neutralisés, avaient annoncé le ministre de la Défense le 31 octobre.

 » Au départ, on nous a expliqué à la Légion que c’était ça la propagation des fausses nouvelles. Le colonel nous a dit que ce sont des peines allant de trois mois à deux ans de prison. Mimi ayant utilisé son droit de garder silence, vous pensez qu’on a pu trouver des éléments supplémentaires qui puissent faire avancer une enquête? Non pas du tout. Le dossier est resté au même endroit à savoir qu’on a fait des captures d’écran de son mur sur Facebook et qu’elle ne devait pas le faire […] Finalement, on est allé chez le commissaire du gouvernement qui nous a dit que ce que Mimi a fait s’apparente à des actes de terrorisme, que ce qu’elle a fait constitue une atteinte à la sûreté de l’Etat  et que de ce fait, c’est le Tribunal militaire qqui va s’occuper d’elle« , explique l’avocate Alice Nkom, constituée pour la défense de la journaliste.

Mimi Mefo devrait être jugée dès lundi au Tribunal militaire de Douala, sur la base de la loi antiterroriste promulguée au Cameroun en décembre 2014.

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