Dossiers › Présidentielles 2011

Cameroun: Une radio allemande lance le débat sur les présidentielles

Des responsables des programmes français de la Deutsche Welle, ont réuni à ce sujet des candidats et des observateurs de la prochaine élection présidentielle

Le vote plus qu’un privilège, un devoir
Edith Kah Walla, candidate à la présidentielle face à Gregoire Owona, secrétaire général du parti du candidat Paul Biya. Cela avait un air de match de préparation avant la grande « bataille », qui animera la vie politique lors des présidentielles du 09 octobre prochain au Cameroun. Les deux acteurs politiques étaient réunis autour d’une table de discussion pour un débat organisé par les programmes français de la Radio Internationale Allemande (Deutsche Welle). A la question du jour: les camerounais iront-ils voter? Edith Kah Walla et Grégoire Owona ont répondu par l’affirmative. Mais là, s’arrêtait le point de vue commun. Sur les motivations, les arguments étaient logiquement différents. Pour Grégoire Owona, le vote apparait comme un privilège que beaucoup de personnes à travers le monde n’ont pas toujours. Pour lui, le vote au-delà du privilège, est presqu’un devoir. Pour ce responsable du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), autant il est du devoir de chaque personne de s’occuper de ses affaires personnelles, autant chaque citoyen doit prendre part aux affaires publiques en exerçant son droit de vote.

On peut se demander si un parti politique qui se refuse ou veut refuser aux autres l’expression du suffrage mérite encore l’appellation de parti politique? s’est-il interrogé. Au passage un peu de campagne électorale. Il faut aller aux urnes pour choisir quelqu’un qui a de l’expérience et qui a fait ses preuves et non tenter l’aventure avec quelqu’un qui veut venir apprendre le travail au sommet de l’Etat.

La conscience d’une opportunité de changement
Un message clair à l’endroit de Kah Walla, qui elle aussi a fait valoir ses arguments sur le sujet. De son point de vue, les camerounais iront certainement au vote au regard de la dynamique connue lors du dernier jour des inscriptions. Elle pense aussi que les signaux qui viennent de la population indiquent que celle-ci a déjà besoin d’un changement. Les camerounais sont conscients d’être en face d’une opportunité historique de reprendre leur pouvoir en choisissant la personne devant conduire les destinées de la nation pour les 7 prochaines années a-t-elle fait savoir à ce propos. Pas si sûr. Au 31 août 2011, date butoir pour s’inscrire sur les listes électorales, près 3 millions de nouvelles inscriptions seulement ont été enregistrées. Le bilan des électeurs n’est pas encore connu, mais on ne devrait pas dépasser les 7 millions de votants, soit seulement le tiers de la population, estimée à un peu plus de 19 millions en 2010 avec des projections de croissance de 2,5%. Un débat très animé, mais dont la question de fond a été évitée.

Indifférence à l’égard du politique et incapacité
Le Ministre Grégoire Owona a semblé présenter le vote comme un acte souverain. Pourtant c’est le régime dont il fait aujourd’hui, qui a écarté du processus de vote, une bonne partie de camerounais sur une base aujourd’hui très contestée. Il s’agit des jeunes âgés entre 20 et 18 ans. Selon certaines statistiques du dernier recensement général de la population, ils seraient entre 3 et 4 millions à se voir refusé le droit de vote, la majorité électorale étant fixée à 21 ans. Une situation qui a été décriée par de nombreux acteurs de la société civile, sans plus. Nous pouvons participer au recrutement de l’armée, pour sauvegarder la patrie, mais pour choisir les dirigeants, on nous dit que nous sommes encore incapables, fait remarquer un jeune sans emploi du quartier Ngoa Ekele (Yaoundé). A la chrage de Kah Walla on relèvera que, certains camerounais n’iront pas voter, en raison de l’indifférence développée à l’égard de la classe politique. Ils ne partagent donc pas cette vision de l’opportunité de changer les choses. Tous sont les mêmes, Fru Ndi a triché chez lui pour être candidat, Paul Biya aussi, les Ndam Njoya et tout le reste, qu’est ce qu’ils peuvent encore nous apporter? Il serait préférable qu’on accorde la victoire à Paul Biya et qu’on économise l’argent des campagnes pour soutenir des projets. Un jour les choses vont changer d’elles mêmes, fait savoir Eric K, commerçant au marché central de Yaoundé.

Un débat pré-électoral a opposé Kah Walla présidente nationale du CPP et Grégoire Owona du secrétaire généra du RDPC
Journalducameroun.com)/n



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