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Cameroun uni et indivisible: malgré tout, Biya n’a pas fragilisé l’unité nationale

Par Jean-Claude Ndjamen, Journaliste

I do not want separatism in my country. Notre pays vit de tristes moments dans sa partie anglophone. Des contestations corporatistes légitimes d’avocats puis d’enseignants ont dégénéré. Une jeunesse en déperdition qui ne maîtrise sûrement pas les contours de ces revendications a pris le relais pour une autre revendication qu’elle évoque notamment le fédéralisme dont elle ne maîtrise forcément pas les contours.

Je peux la comprendre dans sa souffrance qui est aussi celle de la jeunesse francophone de mon pays. Au demeurant, Cette prise de position vient fragiliser tout un pan de l’histoire du Cameroun en amenuisant sur le coup tout le travail mené par l’ancien président Ahidjo et nos leaders Foncha, Muna pour que notre pays, ce grand pays aujourd’hui dévoyé par l’affairisme (On évoque les affaires d’un ministre et il n’est jamais convoqué; pouvoir familial?) devienne une république unie comme dénommée en son temps avant que par décret Paul Biya gomme cette terminologie ; lui qui gère tout par décret comme je le disais plus haut depuis Genève .

Je lis de jeunes soutiens sans doute en butte au positionnement dire qu’on ne change pas de père mais ils oublient que le père ne discrimine pas ses enfants. Paul Biya a certes été le père le plus discriminant donnant plus de place aux enfants de sud puis du centre. Le pouvoir se mesure au niveau de la préfectorale, ce que les gens ne savent pas. La Préfectorale est la mesure de l’Etat d’esprit du chef de l’Etat. On a vu l’équilibre non? C’est le Chef de l’Etat qui nomme du chef de district au gouverneur tout au moins. En fait c’est un décret comme celui des avancements dans l’armée et la police qu’il suit avec un sérieux vrai. Pourtant aucun équilibre n’est perceptible. Mais on s’en fiche.

Mais même opposé à cette façon de faire qui a l’air somme toute tribale, je fais confiance aux miens, ils gouvernent et je dors tranquille en Suisse, c’est bien l’hypothèse que retient mon petit cerveau, je m’oppose à toute prise de position politique en fonction d’une appartenance quelconque qui serait ethnique, tribale ou linguistique. Je ne sais pas penser en Bagangté, Bamiléké, Béti, Foulbé tout comme je ne saurais penser en francophone ou en anglophone.

J’aime mon pays et mes critiques vis à vis du Biyaisme n’y retirent rien. Les Camerounais doivent comprendre que les Hommes passent et le pays reste. Je m’oppose à toutes celles et ceux qui se galvaudent de ce qui se passe dans les régions anglophones. C’est le Cameroun et ça restera le Cameroun. Mais anglophone ou francophone, qui que l’on soit, tout sauf la partition du Cameroun. Notre pays, notre bilinguisme sont une chance. Dans la même lucarne d’esprit je m’oppose à tout camerounais qui se pense comme anglophone avant d’^être camerounais. Le Cameroun doit rester un et indivisible à tous points de vue.

Le régime de Yaoundé que je critique constamment c’est moins les ministres, les fonctionnaires que Paul Biya lui-même. Le « Biyaisme » cette gouvernance monarchique, paternaliste qui fait don au Chef de l’Etat du patrimoine camerounais qu’il gère à sa guise et ce, sans en rendre compte ne permet pas l’efficacité gouvernementale et administrative. C’est une tactique du Président que peu comprenne. Pour demeurer Président et gouverner à vie, il a laissé faire…De hauts fonctionnaires se confessent à l’église et souffrent d’être allés loin dans la priorisation du matériel, de l’argent face à l’Homme souvent pour beaucoup face à leur état de santé que leur richesse ne traite pas.

Voilà ce qui me gêne. Que Biya soit élu pour 100 ans, s’il était élu, franchement même en 2018, usons des « quartiésies », je m’en fiche désormais. Mais qu’il pilote le pays comme un roi, à sa guise, voyage, va et vient, ne voyage pas à l’intérieur du pays, est salué par des foules quand il sort, est reçu comme un Chef d’Etat étranger quand il revient sans aucune décence ni honte même pas de sa part pose de vraies questions sauf aux gens qui attendent 60 ans pour se rendre compte que trop d’argent ne mène à rien et que la mort est au bout et que le moment venu on discute avec Dieu, sur terre , sa conscience.

Si Paul Biya prend des Camerounais pour des cons, les Camerounais ne doivent pour autant pas se prendre ainsi. Que des Camerounais réclament comme des avocats et enseignants oui. Mais que des Camerounais réclament la partition du Cameroun je dis c’est être complètement fous. Les camerounais francophones sont-ils mieux lotis sous régime clanique?

Ahidjo instaure la république unie. Biya fait convoquer la république fédérale par ses méthodes. Mais ceux qui convoquent le fédéralisme sont autant dangereux que ceux qu’ils dénoncent. Combien d’années après l’unification des deux parties?

Non, Je ne peux cautionner cette revendication de la partie anglophone. Les provinces anglo-saxonnes ne doivent pas se comporter comme si la destinée du Cameroun s’est faite sans des anglophones y compris sous l’ère Biya. Elles ne peuvent pas sans cesse donner l’impression d’une volonté de rupture comme si d’autres Camerounais même dans le Sud, province natale du Chef de l’Etat ne souffrent pas.
Je considère cette façon que nos frères du nord-ouest et du sud-ouest ont de faire comme un chantage à la république nulle et non avenue. Cette revendication est même disproportionnée et non avenue.
Les Camerounais de régions francophones sont-ils mieux lotis?
La question de la gouvernance au Cameroun est-elle un problème linguistique?

Non, qu’ils ne se trompent pas de combats. Bien d’anglophones ont comme bien de francophones travaillé à la consolidation du « Biyaisme » et le RDPC de Paul Biya a réussi dans toutes ces zones les mêmes combines et sectarismes que dans les zones francophones. L’opposant anglophone Fru Ndi comme ses progénitures et les générations de ses descendants, lui-même comptable depuis des années de l’absence de convictions politiques a fragilisé par son goût commun à ceux des gouvernants à l’enrichissement et au pouvoir personnel. Alors, peut-on dire que la mal-gouvernance est une question linguistique au Cameroun?

Nous reprocherons tout à Paul Biya mais nous n’accepterons pas des positions faciles comme celles consistant à la partition du Cameroun ou fédéralisme. Le Cameroun n’est grand et ne le demeure que parce que diverse autant au plan ethnique et culturel que linguistique
Biya a réussi à asseoir son pouvoir sans travestir cet équilibre. A reconnaître tout au moins…


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