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Cameroun: Vaste opération de saisie de médicaments illicites, est-ce une solution?

La descente musclée du préfet du Mfoundi pourra t’elle traiter un mal si ancré?

Une opération coup de poing
Le Préfet du Mfoundi Joseph Betsi Assomo a initié jeudi 24 août une opération visant à dénicher les vendeurs et les caches de médicament illicites. D’après des témoins de l’évènement, la prise a tenu dans deux camions. Dans le grand centre commercial de Yaoundé, de nombreux hangars et parkings abandonnés servaient d’entrepôts pour ces pharmaciens de la rue. De nombreuses personnes ont sévèrement critiqué la façon dont l’intervention a été menée. Les magasins sont passés au peigne fin. Il ny avait pas d’huissiers et devant des portes cadenassées, les forces de l’ordre ont usé de la force pour rentrer affirme une dame qui a assisté à l’évènement. Dans un communiqué repris par le poste national, les autorités ont affirmé que les médicaments saisis seront détruits en temps opportun dans un site situé en dehors de la ville.

Une action mitigée aux yeux des populations
La destination exacte des produits saisis n’a pas été donnée. Les responsables de police tout comme ceux de la préfecture se sont refusés à tout commentaire. Pour de nombreuses personnes les produits saisis se retrouvent sur d’autres filières d’écoulement. De l’avis des observateurs avertis, l’action initiée par le préfet est un coup d’épée dans le vent. Des sources introduites dans ce milieu affirment que la vente illicite de médicament au Cameroun repose sur un vaste réseau, qui implique un grand nombre de personnes dont certains ont le pouvoir de décision. Le Cameroun n’est pas encore producteur de médicaments. Les nombreux médicaments vendus dans la rue proviennent de réseaux complexes. Cela suppose de nombreuses complicités douanières pour qu’il y ait eu une invasion aussi profonde du marché camerounais.

Une loi inefficace
la loi n°90/035 du 10 Août 1990 organisant la profession de pharmacien reconnait le monopole de la vente du médicament aux pharmaciens. La tolérance s´explique par la situation de précarité globale au Cameroun, qui a contraint l’administration à laisser faire pour occuper des jeunes confrontés au chômage et à la misère. Le Ministre de la santé avait profité de la 9ème journée Africaine de lutte contre la vente illicite des produits pharmaceutiques pour rappeler que le bon médicament se trouve en pharmacie. Ce slogan a été retenu par l’ordre national des pharmaciens du Cameroun. Un slogan qui risque de ne pas être suivi. Le marché illicite des médicaments a pris un essor considérable. De nombreux petits vendeurs de rue y ont trouvé un « métier » rémunérateur pour faire vivre leurs familles : vendeur de médicaments, tout à la fois de médecin prescripteur et pharmacien.

Trouver d’autres stratégies
80% d’entre eux ne savent pas lire. Les populations affaiblies par la crise et n’ayant pas d’alternative, le marché a logiquement prospéré. Pour les observateurs avertis les seules actions qui pourront véritablement porter un coup fatal à ce commerce illicite sont celles qui s’attelleront tout d’abord à satisfaire la demande, c’est-à-dire celles qui permettront l’accès des populations à des médicaments essentiels, dont la qualité sera contrôlée par des laboratoires nationaux. Les circuits d’approvisionnement et de distribution souffrent encore parfois de stocks, lorsque les prix ne sont pas hors de portée. La vrai façon de lutter contre la contrefaçon, c’est d’abord lutter contre l’extrême pauvreté. Affirme un responsable du ministère de la santé. Et c’est peut être ça, la vérité!

Médicaments de la rue
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