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Cameroun: Vendeurs d’eau, source de survie

Le commerce de l’eau sous différents types de conditionnements a la côte dans les rues et carrefours de Yaoundé

Sandra est vendeuse d’eau à la gare routière de Mvan à Yaoundé. Âgée de 16 ans, la demoiselle fait des va et vient sur cet axe. Elle tient à son bras droit un seau de dix litres contenant cinq bouteilles d’eau de 1,5 litre chacune, puis sur l’autre bras, elle tient une sixième bouteille qu’elle brandit à l’attention des potentiels clients. Et voilà un taximan qui l’appelle : Ton eau là est bien glacée ? Est-ce que tes bouteilles là sont mêmes propres ? D’abord tu vends ça à combien ? Ainsi assommée de questions Sandra choisit de ne répondre qu’à la dernière : L’eau c’est 100 Francs la bouteille. Finalement le taximan ne fera pas la recette à la vendeuse. Mais, ce n’est que partie remise parce que, en réalité C’est beaucoup plus les taximen qui achètent mon eau. Sandra révèlera plus tard que son eau sort tout droit d’un robinet. Comme Sandra, ils sont plusieurs habitants de Yaoundé à vendre de l’eau en longueur de journée dans les rues. Même si les motivations varient selon le vendeur. Moi c’est juste pendant la période de vacances que je fais ce travail. Cela me permet de me faire un peu d’argent qui va aider mes parents à préparer la rentrée scolaire, révèle Sandra. Si pour Sandra, ce travail est occasionnel, pour bien d’autres, il s’agit d’un gagne pain. C’est le cas de Bernard (nom d’emprunt) au quartier Mvog-Atangana Mballa. Ce père de famille mène cette activité depuis de nombreuses années. Ça me permet de nourrir ma famille et de subvenir à leurs besoins, témoigne le cinquantenaire. Quant à la provenance de l’eau qu’il vend dans de grands bidons à 25 et 50 Fcfa, on lit toute suite la gêne sur le visage de Bernard qui affiche un visage noir avant de lancer : je la puise au robinet. Mais, quelle question ?

Le liquide de la vie comme on a coutume de l’appeler se vend également sous d’autres conditionnements, à l’instar des sachets d’eaux ! Pas un carrefour où vous ne verrez des jeunes gens ; avec cette marchandise en main. Cette dernière coûte la modique somme de cinquante francs. Je suis ici à Mvog-ada depuis deux mois environ, je vends en moyenne 25 à 30 sachets par jour témoigne Cédric. En ce qui concerne la manière dont ils conservent sa marchandise, Vous-même vous voyez, je mets mes sachets d’eau dans un seau avec de la glace pour qu’elle reste fraîche et mon seau est couvert, conclut-il Si aucun des vendeurs d’eau rencontrés ne l’a souligné, en dehors des robinets, ces derniers ont souvent recours à d’autres sources d’approvisionnement en eau. Souvent ils puisent leur eau là dans les forages et quelques fois dans les puits, croit savoir Evelyne T. habitante de la ville de Yaoundé.

Vendeurs d’eau, source de survie à Yaoundé

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