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Cameroun: Vers un endettement public proche de 30% du PIB en 2015 (FMI)

Précédemment de 22% en fin 2014, l’endettement public du Cameroun connaîtra une accélération sensible en 2015 selon le Fonds monétaire international

Précédemment de 22% en fin 2014, l’endettement public du Cameroun connaîtra une accélération sensible en 2015 où il est prévu de s’établir autour de 30% du PIB, annonce une projection du Fonds monétaire international (FMI) dévoilée mardi à Yaoundé à l’occasion de la présentation du Rapport sur les perspectives économiques en Afrique subsaharienne d’avril 2015.

Selon Mario de Zamaroczy, chef de mission du FMI pour la zone CEMAC, 2015 sera une année particulièrement difficile pour ce pays, à cause de la baisse des prix du pétrole et des tensions sécuritaires à l’Est et dans l’Extrême-Nord (menacé par Boko Haram) .

En même temps, explique-t-il en outre, la poursuite des chantiers d’infrastructures continue d’inciter à des investissements publics ambitieux.

Pour l’économiste, c’est depuis quatre à cinq ans que l’ évolution de ce pays d’Afrique centrale est rythmée par un accroissement relativement rapide de l’endettement. Fin 2014, les statistiques officielles révélaient un volume de 3.485 milliards de francs CFA, « soit à peu près 22% du PIB, comparativement aux normes sous-régionales qui sont établies à 70% du PIB », d’après le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey.

En 2006, le Cameroun avait bénéficié d’un allègement substantiel de dette de la part de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux à la faveur de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative de la Banque mondiale en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).


L’endettement croissant actuel se justifie effectivement par la nécessité de mobilisation de ressources plus importantes pour satisfaire les besoins d’investissements liés à un vaste programme de construction des infrastructures.

Pour cette année, l’exécution du budget public, chiffré à 3.746, 6 milliards de francs CFA, pour un objectif de croissance de 6,3%, est associée au lancement d’un Plan nationale d’urgence pour l’ accélération de la croissance, d’un coût de 925 milliards de francs CFA pour lequel des accords de prêt ont été conclus avec des banques commerciales et des institutions financières internationales.


« A priori, on peut dire que le niveau de l’endettement est bien entendu modéré. Ceci dit, nous ne devons pas perdre de vue que les programmes de développement dans les infrastructures tels qu’ engagés par le Cameroun donneraient lieu à un niveau d’endettement qui connaîtrait une évolution vers la hausse », a affirmé le ministre des Finances mardi.

Certes, a-t-il mentionné par ailleurs, « le Cameroun reste dans une économie diversifiée. Le Cameroun a à peu près 20% de ses ressources budgétaires qui proviennent du secteur pétrolier. 80%, ce sont des ressources non pétrolières, qui permettent donc d’ assurer une résilience de notre économie ».

Mais, une baisse de plus de 250 milliards de francs CFA de recettes pétrolières est déclarée, résultant de la chute des prix du baril. Ce qui, renseigne le ministre, représente un gap de 50 milliards de francs CFA, par rapport à la subvention des prix des carburants à la pompe d’un montant de plus de 200 milliards programmée pour l’actuel exercice budgétaire.

« La baisse des ressources pétrolières à cause de la décote du baril fait qu’aujourd’hui nous avons un manque à gagner certes au niveau des recettes, mais nous avons également une économie au niveau de la subvention. Bien entendu, nous pouvons dire que les économies qui pourraient être dégagées de cela dans le futur doivent bénéficier aux secteurs sociaux« , assure toutefois Alamine Ousmane Mey.

En dépit d’une réduction décidée par le gouvernement en juillet 2014, induisant un relèvement des prix des carburants et du gaz domestique décrié par la population, le Fonds monétaire international, en accord avec la Banque mondiale, insiste pour une levée totale de ces subventions, au motif qu’elles profitent davantage aux couches aisées qu’aux plus vulnérables. Pour 2015, le pouvoir de Yaoundé a dû réviser à la baisse, face aux contrecoups de la chute des cours du pétrole et d’autres matières premières puis de la persistance des tensions sécuritaires, son objectif de croissance initial de 6,3 à 4,1%, contre les estimations de 4,7% en 2014, une performance assez insuffisante pour prétendre au statut de pays émergent à l’horizon 2035, estime le FMI.

« Comme la plupart des pays exportateurs de pétrole, il y a un manque de diversification des exportations » dans le pays, note pour sa part Boriana Yontcheva, directrice des opérations du Fonds pour le Cameroun, en référence à la base économique nationale extravertie,caractérisée par la mise sur le marché international de produits pour l’essentiel non transformés, donc sans valeur ajoutée.

Ainsi, le Cameroun est cité parmi la quasi-totalité d’autres pays d’Afrique subsaharienne où l’expansion du commerce, estimé à plus d’un tiers de la croissance, est apparue comme une aubaine, dopée ces deniers temps par les exportations en direction de la Chine, premier partenaire commercial du continent, sans parvenir à générer des gains de productivité, de l’avis de l’économiste.

Du coup, conclut-elle, « l’intégration dans les chaînes de valeur[principal thème du Rapport sur les Perspectives économiques présenté mardi dans la capitale camerounaise] n’a pas encore eu lieu ».


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