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Cameroun: Visite dans le village Bua-bua

C’est l’un des 6 villages où ont été recasés les rescapés de Nyos. Le souvenir reste douloureux et, pour certains, visible

Date funèbre
Le 21 Août 1986 restera à jamais dans les mémoires à la suite de l’éruption massive et brutale de gaz toxiques ayant provoqué la mort par asphyxie 1746 personnes au lac Nyos. Cette nuit fatidique, les eaux profondes du lac atteignirent leur point de saturation de dioxyde de carbone et sans avertissement, un brusque mouvement de terrain dû à l’activité sismique provoqua une éruption violente et écumeuse de l’eau carbonatée qui monta jusqu’à 120 mètres dans le ciel. Les 845 survivants souffrirent des maux de poumons ( dèmes) et des yeux (conjonctivite).

Les populations ont été recasé par le Gouvernement camerounais dans six villages aux alentours du lac Nyos notamment Kimbi, Esu, Yemgeh, Bua-bua, Kumfutu et Ippalim. A Bua-bua localité situé à seize kilomètres du lac Nyos, les populations vivent paisiblement mais dans leurs mémoires reste le triste et douloureux souvenir de la catastrophe. Originaire du village Sum-bum, Wandia Sylvanuis, planteur raconte comment sa famille et lui ont vécu le drame : « Quand la catastrophe a eu lieu je n’avais que deux ans c’est mon père qui m’a raconté comment cela s’est passé. Mon père a perdu quatre enfants, ses parents et plusieurs membres de notre famille. L’hélicoptère nous a transporté à Bua-bua : les 06 femmes de mon père et ses 22 enfants et nous y sommes depuis 25 ans. Mon frère aîné, Wandia Mathias (né en 1981 ndlr) a été paralysé pendant trois ans suite à la tragédie. Je suis marié, père d’un enfant de trois semaines et tous nous vivons dans la case familiale ».

La vie a repris son cours depuis lors à Bua-Bua
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L’installation des trois colonnes de dégazage vient redonner espoir aux habitants des différentes localités touchées par ce sinistre « J’ai appris qu’une solution a été trouvée pour le lac. Je souhaite que le Gouvernement camerounais autorise les populations à renter chez eux parce qu’ici n’est pas mon village. Je profite également pour les remercier pour leur travail » affirme Sylvanuis. Si pour les uns l’installation des colonnes de dégazage est un ouf de soulagement, pour d’autres, cela ne l’est pas. C’est le cas de Festus Ndong Ndong, garçon âgé de dix-sept ans et élève au CES de Fundong « Je ne crois pas, car le gaz est naturel il sort du sol et ne saurait être maîtrisé. Malgré que l’on ait installé les colonnes, le lac Nyos reste pour moi une zone à risque. Malheureusement, si ma famille (tante) décide de retourner à Sum-bum je serais obligé d’y aller puisque je n’aurais nulle part où aller ». Rappelons que le village Bua-bua a été reconstruit avec l’aide d’un prête allemand (qui vit à Bamenda actuellement), la condition étant de fournir des parpaings afin de bâtir des maisons du fait que le budget octroyé par l’Etat pour ce projet de recasement était défectueux.

Wandia Mathias, resÑ apé du laÑ Nyos
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