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Cameroun : Woungly Massaga démissionne du MRC

Woungly Massaga, démissionnaire du MRC. ©Droits réservés

L’homme politique estime n’avoir pas reçu le traitement et la reconnaissance qu’il mérite. Il reproche aussi la position de Maurice Kamto sur la crise anglophone.

Woungly Massaga, alias Commandant Kissamba, a quitté le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti qu’il avait officiellement rallié en septembre dernier. Sa démission est signifiée dans une correspondance datant du 12 novembre 2017, adressée à Maurice Kamto, le président de la formation politique. « A la veille des états généraux de l’UPC dont j’ai proposé la tenue en tant que doyen, en suggérant la désignation de Mme Habiba Issa comme candidate de l’UPC (et de toute l’opposition) à l’élection présidentielle de 2018, je vous présente en toute logique ma démission formelle du poste de conseiller spécial du président national du MRC et de membre de votre parti », écrit l’homme politique.

L’ancien chef de la branche armée de l’Union des populations du Cameroun (UPC) formule plusieurs griefs pour justifier sa démission, notamment, la position de Maurice Kamto sur la crise anglophone. « Vous évitez d’aborder la question des origines de la crise, à savoir la violation des accords de Foumban de 1961, c’est-à-dire la question du pétrole et des accords pétroliers imposés par la France à ses fantoches de l’époque », s’insurge Woungly Massaga.

Il dénonce aussi, dans sa lettre de démission, le manque de considération qu’il a observé. « Le président du MRC n’a pas accueilli le doyen Kissamba à la cérémonie de celui-ci au MRC, alors que l’événement était présenté comme d’un intérêt majeur ; plusieurs observateurs l’ont remarqué », se plaint Woungly Massaga.

En outre, le mathématicien de 81 ans estime avoir reçu un traitement au rabais sur le plan financier. « Après une longue attente du trésorier, c’est avec une enveloppe de deux cents mille francs CFA que le Commandant Kissamba a été reçu au MRC, alors qu’on présume dans l’opinion camerounaise notamment qu’il a touché des millions », rapporte-t-il. Le doyen accuse également les responsables du MRC de n’avoir pas fait ce qu’il fallait pour un voyage qu’il devait effectuer en France. «  Le Commandant Kissamba devait voyager à Paris, invité au Forum international de la diaspora camerounaise. Le nouveau parti du Commandant Kissamba n’a pas voulu prêter les devises requises par la réglementation. D’où le refus du visa. Ce voyage aurait pourtant été  d’un grand bénéfice pour le MRC, ce qu’a d’ailleurs plaidé le doyen dont l’avis est apparu d’un poids dérisoire », écrit Woungly Massaga.

Retour à l’UPC ?


En somme, l’homme politique estime n’avoir pas reçu les honneurs auxquels il s’attendait en quittant l’UPC en septembre 2017. Après des décennies de militantisme au sein de la formation politique de Ruben Um Nyobè, il déclarait : « Je refuse de continuer à apporter ma caution à une UPC qui n’a plus rien d’upéciste ». Woungly Massaga n’avait pas hésité à encenser le MRC, le qualifiant de nouvelle avant-garde de la politique et du changement démocratique au Cameroun.

Au siège de l’UPC Ă  YaoundĂ© ce mardi 14 novembre 2017, la nouvelle de la dĂ©mission de Woungly Massaga surprend. « Nous sommes Ă©tonnĂ©s de cette dĂ©cision, parce que quand il partait de l’UPC, il disait avoir trouvĂ© au MRC, des personnes qui avaient l’étoffe pour la conquĂŞte du pouvoir. Ça changeait de l’UPC qui restait Ă  la traĂ®ne. Mais, s’il veut revenir, les portes sont ouvertes. L’UPC n’a pas pour vocation de rejeter les camerounais », a dĂ©clarĂ© Jean LĂ©onard Sohna Binyam, membre du comitĂ© directeur de l’UPC Ă©lu en octobre dernier.

 

 

 

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