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Cameroun/Affaire Marafa: Le verdict attendu ce 21 septembre 2012

Au-delà de toutes les spéculations, personne ne sait quelle sera la décision du juge Gilbert Schlick, ni quelle sera la réaction des populations

C’est ce vendredi 21 septembre 2012, que devrait être prononcée la sentence devant la juridiction de premier degré, de l’affaire relative au détournement de l’argent qui devait servir à acquérir un avion pour la présidence du Cameroun et qui implique l’ancien ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, et l’homme d’affaires Yves Miche Fotso. Un verdict très attendu et qui intervient à l’issue du tout premier procès express conduit dans le cadre de l’opération épervier. Battant les records de temps, le procès de Marafa aura aussi battu les records d’intérêts au Cameroun. Ce dernier a réussi à s’attirer la sympathie d’une partie de la population, et même d’une partie de la classe politique, qui réclame aujourd’hui sa libération. Les autorités semblent prendre la chose au sérieux et plus que les jours précédents, l’accès au palais de justice et ses environs sera très surveillé. Dans le nord du pays aussi, c’est la grande mobilisation.

Le jour choisi par M. Biya pour se rendre dans cette partie du pays survenant moins de deux jours avant le prononcé du verdict de l’affaire du BBJ-2 au Tribunal de grande instance du Mfoundi, le SDF est en droit de s’interroger si ce choix cynique ne participe pas d’un prétexte à peine voilé pour militariser tout le Grand Nord du pays en général et le département de la Bénoué en particulier en vue de mâter de probables poches de contestation ou des manifestations publiques qui pourraient être organisées en rapport avec une éventuelle condamnation de l’ex ministre d’Etat Marafa Ahmidou Yaya, illustre fils du septentrion.
Communiqué du SDF, 19 septembre 2012

Au sein du SDF (social democratic front), on se refuse à croire à ce hasard. Hasard du calendrier ou calcul politique, le jugement de l’affaire Marafa intervient alors que le président Biya est dans cette partie du pays pour visiter les sinistrés des inondations qui depuis début septembre, ont fait de nombreuses victimes et laissé sans abris plusieurs milliers personnes.

Des sources contactées au nord ont fait savoir que le dispositif sécuritaire en place actuellement n’avait plus été vu depuis très longtemps. L’ancien ministre et ses coaccusés ont plaidé non coupables depuis le début de cette affaire.

J’ai été chargé de coordonner cette activité à travers un mode de financement précis et collégial, le SBLC (stand-by Letter of Credit) qui était un mode de financement innovant sécurisé qui n’a pas été respecté. Malgré cela, l’avion a été fabriqué, immatriculé, assuré, réceptionné techniquement, mais j’ignore pourquoi il n’a pas été livré au final.
Marafa Hamidou Yaya

L’ancien ministre a aussi maintenu la position selon laquelle le Président de la République était au courant de l’affaire de manière constante. Je n’ai été qu’un simple exécutant. La seule personne qui avait le pouvoir de décider, c’est le Président de la République. On ne peut pas me donner plus de pouvoir que je n’en ai en réalité. De plus, je tenais le Président informé de tout le processus d’acquisition de cet avion expliquera Marafa dans son contre interrogatoire. Dans les médias les avis ont été partagés en fonction des sensibilités. Certains ont souvent évoqué une possible libération de Marafa mais pas celle d’Yves Michel Fotso. D’autres plus proches du régime, ne doutent pas de la condamnation de celui que certains veulent porter aujourd’hui en héros national. Jusqu’au bout pourtant, les avocats de Marafa et ses coaccusés veulent croire à la justice, malgré tous les « manquements » qu’ils ont relevé dans le déroulement de la procédure. S’il est exagéré de dire que Gilbert Schlick est une exception dans l’univers de la Justice camerounaise, il faut reconnaître qu’il est aujourd’hui l’une des figures représentatives de ces magistrats de vocation pour lesquels la justice est une valeur suprême qu’ils entendent défendre courageusement, en leur âme et conscience dira maitre Alice Nkom, une des avocates de la défense, dans sa plaidoirie. Des observateurs plus perspicaces, estiment que Marafa et Fotso seront condamnés, une décision qui ouvrira le droit au procès en cours d’appel, mais dont la procédure s’étalera jusqu’au jour de l’entrée en vigueur du Tribunal Pénal Spécial, soit dans 26 jours, instance devant laquelle les crimes économiques peuvent faire l’objet de négociations. Monsieur Schlick est très attendu.

Le verdict de l’affaire Marafa attendu ce 21 septembre 2012
journalducameroun.com)/n



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