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Le Camerounais Em’Kal Eyongakpa récompensé à Abidjan

Abidjan, le 13 mars 2018. Em’Kal Eyongakpa, artiste camerounais, vient de prendre son prix Henrike Grohs. ©Droits réservés

L’artiste pluridisciplinaire a reçu le prix Henrike Grohs le 13 mars 2018 à l’Institut Goethe de Côte d’Ivoire.

Em’Kal Eyongakpa n’a pas tout de suite voulu faire de déclarations à la presse. Puis, il a hésité, se disant « pas en état de dire quoi que ce soit ». Mais l’artiste a fini par trouver les mots pour parler de cette cérémonie organisée en son honneur, à l’Institut Goethe d’Abidjan. C’était le 13 mars 2018.

Em’Kal Eyongakpa venait de recevoir le Prix Henrike Grohs, le tout premier décerné par l’Institut Goethe et la  famille de Henrike Grohs, ancienne directrice dudit institut. Elle a été tuée le 13 mars 2016 lors d’un attentat survenu à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire. Ce prix récompense –tous les deux ans à partir de 2018- le travail d’artistes africains et entend poursuivre l’œuvre de la défunte, amoureuse et fervente défenseure de la culture africaine.  Em’Kal Eyongakpa a gagné 20.000 euros (environ 13 millions de francs CFA). Les prochains lauréats remporteront le double. Un sacré coup de pouce pour les artistes, dont le travail n’est pas souvent apprécié à son juste prix.

Pour Em’Kal, cette distinction n’est pas simplement une question d’argent, mais aussi de visibilité. « Ce prix est vraiment important parce que ça veut dire beaucoup de choses. De nombreuses personnes voudront voir mon travail par rapport au prix que je viens de remporter. L’art contemporain n’est pas très proche de la société. Et j’ai un petit problème avec ça. Nous, les artistes, devons travailler davantage. C’est pour cette raison que je fusionne différents supports pour exprimer mon art, un peu comme Fela Kuti qui a fait de la musique intellectuelle mais aussi populaire », a déclaré Em’Kal après la cérémonie.

L’artiste camerounais vit aussi ce moment comme une responsabilité qui exigera de lui le courage d’aller toujours plus loin et la détermination de faire vivre l’art contemporain dans les cœurs des publics. Son approche pluridisciplinaire associe la photographie, la vidéo, le son, la sculpture, pour marquer son engagement contre la violence, l’extrémisme ou l’oppression des populations innocentes.  Selon Koyo Kouoh, membre du jury du prix Henrike Grohs, le travail d’Em’Kal s’est démarqué par son caractère polyphonique, la manière dont il produit le savoir et la fluidité des supports qu’il utilise pour transmettre ses messages.

La cérémonie du 13 mars s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités, notamment Michael Grau, l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire,  Markus Gritz, le directeur général de l’Institut Goethe de Côte d’Ivoire. Florian Grohs, le frère de Henrike, était aussi présent pour cet hommage à sa sœur. Une œuvre sculpturale, réalisée par l’Ivoirien Jems Koko Bi, a été inaugurée pour le souvenir de cette dame, morte en 2016 dans des circonstances tragiques.

 

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