Cameroun/Electricité: Une nouvelle hausse des tarifs en perspective

Le réseau associatif des consommateurs de l’énergie réagit par ce communiqué

De sources concordantes, l’opérateur AES/SONEL s’apprête à procéder à un nouveau réajustement des tarifs d’électricité pour les consommateurs basse et moyenne tensions. Selon des informations en notre possession, cette nouvelle hausse des tarifs d’électricité a pour origine la mise en place d’un nouveau logiciel de gestion clientèle dénommé CMS (Costumer Management System), qui va remplacer le système BSA (Billing System Application). Ce logiciel de traitement des données informatiques, sensé améliorer le service clientèle et actuellement en expérimentation dans trois agences de la ville de Douala (Koumassi, Akwa et Deido), est devenu en quelques semaines d’essai, la principale cause de dysfonctionnement du système de gestion de la clientèle à AES/SONEL.

Retards et désorganisation dans la facturation et diverses interventions, perturbation des services de dépannage, sont autant de désagréments que génère en ce moment ce nouveau système, dont les consommateurs sont évidemment les premières victimes ; même le personnel chargé de sa mise en uvre est dubitatif quant à son efficacité. Pourtant, sans la moindre communication à l’endroit des usagers, M. Nurfedin ZEJNULAHI, Directeur adjoint des systèmes d’informations, vient de recevoir l’onction de la Direction Générale pour le généraliser à partir de ce mois d’Avril 2011 à tous les points commerciaux AES/SONEL sur l’ensemble du territoire national. Le problème n’est pas tant le choix du système d’administration et de gestion du fichier client de cette entreprise, mais le fait qu’en réalité, l’opérateur AES/SONEL veut faire payer aux consommateurs la charge de la redevance qu’il doit verser au développeur de ce logiciel de gestion.

En effet, selon nos sources, pour financer le renouvellement de son système de gestion clientèle, l’opérateur d’électricité envisage de faire payer entre 2 et 3 Dollars US (1000 à 1500 FCFA) à chacun de ses 610.000 abonnés recensés. Plus précisément, il est prévu que ce montant soit subrepticement et automatiquement répercuté tous les mois sur la quittance d’électricité que reçoit chaque usager, sans distinction de catégorie. Ce nouvel outil de gestion clientèle étant considéré par AES/SONEL comme une charge, conformément aux dispositions de l’article 5 du Contrat cadre de concession relatif à la tarification de l’électricité, l’entreprise aurait d’ores et déjà entrepris une démarche administrative vers le régulateur (ARSEL), aux fins d’homologation de ce nouveau réajustement tarifaire. Pour les usagers d’électricité, la perspective d’une nouvelle hausse des tarifs est une ultime provocation de AES/SONEL, un véritable Cassius belli.

Contrairement aux 3560 salariés de AES/SONEL, à qui l’entreprise prélève arbitrairement chaque mois depuis plus de 03 ans, 09 Dollars US (4500 FCFA) de droit d’usage de leur compte « Outlook » – c’est-à-dire la messagerie électronique professionnelle interne – les consommateurs n’accepterons jamais cette nouvelle augmentation déguisée des tarifs d’électricité. Nous mettons en garde AES/SONEL contre la logique du « fait accompli », comme lors de la hausse unilatérale et illégale des tarifs décidée en Avril 2010. D’autre part, ce projet de l’opérateur étant potentiellement source de troubles sociaux graves, la responsabilité de la tutelle du secteur est évidemment engagée. Le MINEE et l’ARSEL doivent instamment se saisir de ce dossier et agir pour contrecarrer cette Nième forfaiture en préparation contre les usagers d’électricité.

En tout cas, avec ou sans l’appui des pouvoirs publics, les consommateurs restent mobilisés et promettent une réaction énergique à la mesure de ce nouvel affront. Nous rappelons que l’argutie juridico-économique, notamment l’article 5 alinéa 3 du Contrat cadre de concession, que soulève chaque fois l’opérateur AES/SONEL pour justifier l’augmentation des tarifs d’électricité peut être facilement balayé au regard des nombreuses violations par cette entreprise de ses engagements contractuels. L’Etat doit saisir l’occasion de la 2ème révision du Contrat de concession prévue cette année 2011, pour mettre fin à ce chantage permanent et à la prise en otage des consommateurs par l’opérateur AES/SONEL. En échos au sentiment largement partagé par l’immense majorité des usagers, le RACE exige, à défaut de la suppression pure et simple du monopole privé du service public de l’électricité au Cameroun, une renégociation de fond en comble du Contrat de concession inique et antipatriotique signé le 18 Juillet 2001 avec la firme américaine AES CORPORATION.

L’accès à l’énergie est un doit essentiel et inaliénable !

Paul Gérémie Bikidik, président du bureau exécutif du RACE
Journalducameroun.com)/n



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