Politique › Institutionnel

Cameroun/Feuilles de route: Premier séminaire gouvernemental

Le Premier Ministre en a discuté avec les membres de son cabinet à l’effet d’optimiser leur mise en uvre au cours de l’année 2013

Philémon Yang et ses ministres se sont retrouvés mercredi 09 janvier 2013 dans le cadre d’une session de redéfinition de l’outil de gestion de l’action gouvernementale articulé autour de trois points : la méthodologie d’élaboration des feuilles de route ministérielles de l’exercice 2013, l’optimisation des procédures de passation des marchés publics et la gestion de la trésorerie et la régulation budgétaire dans le cadre de leur exécution. De la rencontre, on apprend pour la première fois que des disparités avaient été notées dans les résultats de l’année précédente, en fonction des secteurs. Prenant la parole pour parler de la méthodologie, le Secrétaire Général des services du Premier ministre, louis Paul Motaze, a fait savoir que les feuilles de route devraient s’adosser sur le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi, mais aussi sur la Vision qui le fonde. Il a suggéré aux ministres de définir des livrables évaluables semestriellement et de s’appuyer sur les objectifs du budget programme sans les dupliquer. Le ministre des Marchés publics pour sa part a formulé le souhait que tout investissement public soit adossé sur une étude préalable, une bonne élaboration des dossiers d’appel d’offres et un suivi plus efficace de l’exécution des travaux. Pour le ministre des finances, les ministères devront produire des plans d’engagement, qui devraient permettre à terme de mieux gérer les besoins de financement de chaque département. Une réponse surtout proposée en raison des quotas budgétaires, qui servent essentiellement à assurer la solidité de la trésorerie publique face au besoin d’engagement. Cette rencontre semble s’inscrire dans la continuité du conseil des ministres du 27 novembre 2012, consacré à l’évaluation à mi-parcours des feuilles de route 2012. Le président Paul Biya qui présidait la rencontre, avait prescrit l’organisation d’un séminaire gouvernemental sur la méthodologie d’élaboration et de mise en uvre des feuilles de route, en même temps qu’il avait recommandé un encadrement plus soutenu des ministères dans leur suivi.

Il est très difficile d’apprécier la pertinence de la rencontre, les échanges n’étant pas ouverts à la presse. Mais déjà un son discordant est apparu dans la musique gouvernementale. Revenant sur la question de la régulation budgétaire, Louis Paul Motaze, Secrétaire général des services du Premier ministre, a présenté une forte atténuation à la rigueur du ministre Ousmane Mey en charge des finances. « Le ministre des finances est revenu sur la question de la régulation budgétaire et la gestion de la trésorerie. Sur ce plan-là il n’y a pas de problème. Nous l’avons rappelé. Les actions qui doivent intervenir dans les feuilles de route doivent avoir été budgétisées. Nous avons rappelé que le 31 décembre 2012 le chef de l’Etat lance un programme su ce qu’on doit faire en 2013. Nous avons donc insisté pour dire que même les points qui n’ont pas été budgétisés à l’Assemblé Nationale et puis par le Chef de l’Etat doivent être présentés. Il est donc clair que le budget programme voté et le programme d’action défini par le chef de l’Etat doivent être davantage pris en compte lors de l’élaboration des feuilles de routes », a indiqué Monsieur Motaze selon des propos rapportés par Cameroon Tribune. Une différence qui semble légère, mais qui peut s’avérer fondamentale dans la gestion des finances publiques. Il suffira pour un ministre de justifier de l’adéquation de son initiative avec un des « programme d’action du président de la république », pour justifier du non-respect de la loi des finances. D’un autre côté, la position du ministre Motaze, est aussi la preuve que les objectifs de faire respecter la rigueur budgétaire sont encore un gros défi pour les ministres de finances au Cameroun. Or de l’avis des experts de la macro économie, le quota budgétaire, plus qu’une nécessité, est une obligation. Des économistes comme Dieudonné Essomba sont parvenu à démontrer que comme tous les agents économiques, l’Etat au Cameroun pays à l’économie fortement dépendant de l’extérieur, doit pouvoir dépenser une quantité précise de devises. C’est à ce niveau que les quotas budgétaires ont pleinement joué leur rôle. Selon cet ingénieur statisticien, « même si le programme venait des dieux et que le dossier d’appel d’offres est parfaitement monté, la dépense publique ne peut pas se faire, si elle dépend d’une contrepartie extérieure à la marge étroite ».

Séminaire gouvernemental du 09 janvier 2012 à Yaoundé

Pm)/n

À LA UNE
Retour en haut