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Cameroun/Prise d’otages: Toujours pas de nouvelles positives

Boko Haram a démenti le rapt, L’ambassadeur de France est arrivé à Maroua, le gouvernement se veut rassurant, GDF Suez solidaire… Mais toujours pas de nouvelles des otages!

L’ambassadeur Bruno Gain est arrivé dimanche 24 février 2013 à Maroua, la principale ville de la région de l’extrême nord du Cameroun, dans laquelle 7 français sont présumés avoir été enlevés par des personnes non encore identifiées. Aucune déclaration particulière du responsable diplomatique français, qui a eu des séances de travail avec le gouverneur de la région Awa Augsutine et le secrétaire général en charge de la gestion de la situation sur le terrain. « Vous comprendrez que je ne puisse faire des déclarations, pour ne pas porter atteinte à la vie des otages. Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités camerounaises pour que soient retrouvés les otages », a déclaré monsieur Gain. Pour le moment on n’a aucune nouvelle de la destination prise par les ravisseurs et leurs otages. En fin de semaine dernière, une folle rumeur qui a été reprise par des autorités françaises à Paris, a annoncé qu’on avait retrouvé la famille enlevée, avant que celle-ci ne soit démentie par le gouvernement camerounais et par la France. En attendant, la France a demandé à ses ressortissant de ne plus se rendre dans cette partie du Cameroun évoquant le danger de mouvements islamistes. Une position qui fait aujourd’hui rage dans les opinions publiques camerounaises, et dont certains y voient un plan de la France pour légitimer une déstabilisation de leur pays. « Que faisaient ces touristes à cet endroit-là on peut bien se demander », s’interrogent certaines personnes. L’armée n’a pas manqué de faire comprendre indirectement que si les touristes ont vraiment été enlevés, ils auront été imprudent. Selon des responsables de l’armée, les touristes qui en font la demande peuvent bénéficier d’une escorte militaire dans leurs déplacements.

Toujours en fin de semaine dernière, l’image de la voiture utilisée par les victimes a circulé sur internet, embourbée dans une zone inoccupée. Ce qui pour certains emmène à conclure, l’enlèvement n’aura pas été le fait d’un groupe aussi organisé comme Boko Haram. « Je vois mal comment des membres de ce groupe qui connaissent très bien la région, auraient pu arriver au Cameroun et au retour, se perdre dans une zone embourbée. Ils connaissent bien leur terrain et personne ne se pose cette question », fait remarquer François S, un habitant de Yaoundé. Muhammad Ibn Abdulazeez, l’un des responsables militaires de Boko Haram, a déclaré à des journalistes à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, que Boko Haram ne connaissait pas de cette prise d’otages : « Les allégations selon lesquelles nous avons mené cette attaque étaient fausses. Bako Haram n’a rien à voir avec les otages français ni avec leurs ravaisseurs ». Côté gouvernement on s’active à sauver les meubles. Le ministre du tourisme a donné vendredi 22 février une conférence pour rassurer les personnes voulant se rendre au Cameroun pour tourisme. « Le Cameroun n’est pas une destination dangereuse », a déclaré le ministre face aux journalistes nationaux et français présents dans la salle. il a tenu à contredire les autorités françaises. « Nous voulons dire le contraire de ce que les autorités françaises ont dit s’agissant de cette zone : elle n’est pas dangereuse », a déclaré monsieur Maïgari. Dans la foulée, le Premier ministre a reçu le PDG du groupe GDF Suez, qui a rassuré quant à la poursuite des investissements de son groupe dans le pays. « Je suis venu ici au Cameroun exprimer d’abord la solidarité de l’ensemble de nos équipes, de nos 220 000 salariés avec notre collègue Tanguy Moulin Fournier qui a été enlevé avec son épouse, son frère et ses quatre enfants . Et je suis également venu pour remercier les autorités camerounaises pour l’engagement du gouvernement camerounais qui fait tout ce qu’il peut et tout ce qui est possible pour retrouver les otages. Nous avons la plus grande confiance en l’avenir du Cameroun et notre projet continue», a déclaré Gérard Mestrallet.

L’ambassadeur de France au Cameroun est arrivé à Maroua dimanche 24 février 2013

safaridanay.com)/n

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