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Cameroun:Trois journalistes et un politologue à la barre à Douala

Il leur est reproché la diffusion d’une procédure judiciaire en cours

Le fait n’est pas inédit au Cameroun, car plusieurs journalistes ont déjà eu à faire à la justice pour leurs écrits jugés dérangeants, surtout lorsqu’il s’agit des dossiers considérés comme sensibles. La preuve, trois journalistes et un politologue doivent se présenter ce mardi, 12 janvier 2010, au tribunal de Douala pour avoir épilogué sur « l’opération épervier », dont le but est de mettre hors d’état de nuire, ceux qui ont pillé les deniers publics, « les délinquants à col blanc », comme on les appelle. Les trois journalistes sont Thierry Ngongang, Directeur de l’information à Spectrum télévision (STV), Alex Gustave Azebaze, Directeur de l’agence d’information cybernétique AGA, et Anani Rabier Bindji de la chaîne de télévision Canal 2 international. Ils ont reçu des citations à comparaître auprès du tribunal de Douala, tout comme le politologue, le Dr Aboya Manasse Endong, enseignant à l’université de Douala. Selon des sources concordantes, il est reproché à ces personnes, la diffusion d’une procédure judiciaire qui n’était pas définitivement jugée.

«Cartes sur table», l’émission qui fâche
1er juin 2009 en effet, le Dr Aboya et les journalistes Alex Gustave Azebaze et Anani Rabier Bindzi, étaient les invités de l’émission de débat « Cartes sur table », présentée par Thierry Ngongang et diffusée sur les antennes de STV2. Au centre des échanges, « l’opération épervier », nom donnée par la presse pour qualifier la procédure de lutte contre le phénomène de la corruption menée depuis 2004 par le gouvernement. Démarche qui a conduit à plusieurs arrestations de certains ministres et hauts cadres de la République à l’instar de l’ancien ministre de l’économie et des finances, Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, ex ministre de la Santé publique, et ces derniers jours, Mme Haman Adama, ex ministre de l’Education de base et autre Ntongo Onguene, ancien Directeur général des Aéroports du Cameroun, ADC. Dans les couloirs de la télévision privée STV2, c’est l’inquiétude, «car on ne sait si Thierry comme il va au tribunal, va revenir», affirme un employé de la chaîne. Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) pour sa part, est déjà monté au créneau pour dénoncer cette offensive du pouvoir contre les médias. Pour les syndicalistes, cette démarche gouvernementale, a pour but de museler la presse d’investigation. Affaire à suivre !

La balance de la justice
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