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Can 2015: Où est passé Clinton Njié ?

Malgré le léger vent d’assainissement au sein des Lions, après le fiasco du Mondial brésilien, la corruption reste le mode opératoire de la sélection et de la titularisation de certains joueurs

Après le match nul face à la Guinée (1-1), la question sur la non titularisation de Clinton Njié depuis le début de la Can était sur toutes les lèvres en conférence de presse samedi dernier. D’entrée de jeu, Ateba Biwolé, le journaliste au quotidien le Jour a demandé à Volker Finke s’il y avait un problème Clinton Njié en équipe nationale du Cameroun. Le technicien allemand, visiblement très embarrassé, a essayé de justifier l’absence de l’ailier lyonnais dans son onze de départ. D’après lui, ne pas le titulariser est un choix consécutif au stage effectué au Gabon. «Devant, nous avons trois possibilités pour deux postes: Clinton, Moukandjo et Salli. Et pendant les deux semaines de stage que nous avons fait, Moukandjo et Salli ont pris l’avantage, ils ont fait de petites différences.»

S’expliquant sur le choix de ne pas le faire entrer, il a mis en exergue les circonstances de jeu: «Sur les dernières minutes, Salli et Moukandjo étaient fatigués et auraient pu être remplacés. Mais, il y a Loé, qui a fait une belle rencontre, il a signalé qu’il avait une petite douleur et qu’il ne pouvait pas continuer. Concernant Aboubakar, après son raté de la tête, j’ai l’impression qu’il n’est plus rentré dans son match, j’ai pensé que c’était mieux de donner sa chance à un autre avant-centre.»

Après un léger tour du micro, Fred Vuben, de Cameroon Tribune, est revenu à la charge: «Monsieur le sélectionneur, je vous demande d’être honnête envers moi, pourquoi Clinton Njié ne joue pas?» A cette question, le coach, toujours irrité, est parti dans une longue explication: «Je pense que ce n’est pas très fair-play d’aborder Clinton Njié de cette façon. Clinton était remplaçant à Lyon. (.) On recherchait des jeunes pour les Lions, je l’ai convoqué, tout en le mettant en confiance et il me l’a bien rendu en disputant deux matchs fabuleux (contre la RD Congo et la Côte d’ivoire, il sera auteur de trois buts Ndlr). Après ces performances, il a pu avoir une proposition de prolongation de contrat à Lyon (Avec revalorisation salariale, Ndlr)». Voilà le n ud du problème.

Magouilles
Malgré toutes les explications de Volker Finke, la vérité sur la non titularisation de Clinton Njié (deuxième meilleur passeur de Ligue1, derrière Dimitri Payet), est à chercher ailleurs. Tout est dans l’attitude de son conseil, qui refuserait les rétro-commissions.

Clinton Njié a intégré l’École de football des Brasseries du Cameroun à 13 ans. Repéré par Patrice Girard, le scout de l’Olympique lyonnais en Afrique, Njie arrive à Lyon en 2011 sur les conseils de Jean-Flaubert Nono, le frère de l’ex-défenseur lyonnais Jean-Jacques Nono, manager de l’Ecole de football des Brasseries du Cameroun, à Douala. Or, Jean-Flaubert Nono est en rupture, pour dire le moins, avec certaines autorités en charge du football camerounais. Du coup, il refuse de redistribuer l’argent qu’il engrange sur son poulain. En ce moment donc, le malléable Volker Finke, fait payer à Clinton Njié le manque de «collaboration», de son manager.

Frustré de n’avoir pas été retenu parmi les 23 Lions de l’expédition brésilienne, Jean Armel Kana Biyik, avait déjà expliqué sans aucune langue de bois dans les colonnes de 20 Minutes, sa mise à l’écart: «Je me rends compte qu’il y a plein de magouilles en équipe du Cameroun, et ça ne changera jamais. Je préfère mettre un terme à ma carrière internationale, et me concentrer pleinement sur celle en club, afin de redevenir le défenseur que j’étais. Ça peut surprendre, mais la sélection du Cameroun est remplie de mauvaises choses. Je ne me reconnais pas dans cette sélection. J’y suis entré parce que j’avais l’amour du pays de mes parents, de mes ancêtres. Mais il s’avère que ce n’est pas du tout comme je pouvais l’imaginer. J’avais entendu des choses, mais je ne pensais pas que c’était à ce point-là. J’en ai eu la confirmation lors du dernier stage.»

Les propos du néo-défenseur de Toulouse restent d’actualité. Outre le cas Njié, Jacques Zoua a été victime du même système mafieux. Tout est parti de la liste des 24 Lions présélectionnés pour la Can 2015. Après le regroupement au Centre d’excellence de la Caf à Mbankomo, le «filleul» de Michel Kaham, Cédric Djeugoué a été informé par le coach qu’il sera le 24ème joueur. Le soir du départ des Lions pour le stage au Gabon, le 7 janvier dernier, son «parrain» a fait irruption à l’hôtel des Lions. Ce membre du Comité de normalisation de la Fecafoot a indiqué au coach qu’il prenait un gros risque en sélectionnant Jacques Zoua, sous prétexte qu’il aurait «une double identité». C’est ainsi que le très peu talentueux Cédric Djeugoué s’est retrouvé parmi les 23 Lions. Conscient du niveau moyen de Cédric Djeugoué, Volker Finke a depuis reconverti le gaucher naturel Oyongo Bitolo en latéral droit. Présent dans la tanière depuis le calamiteux Mondial brésilien, le défenseur de Coton n’est pas sélectionné pour jouer, mais pour redistribuer ses primes!


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