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Cécile Ndjebet, lauréate de l’ONU, défenseuse des femmes et de l’environnement

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Cécile Ndjebet, lauréate de l’ONU, défenseuse des femmes et de l’environnement

La Camerounaise Cécile Ndjebet a reçu le prestigieux prix des Champions de la Terre, de l’Organisation des Nations Unies. La protectrice de l’environnement a été reconnue pour son travail.

Cécile Ndjebet a été reconnue pour son travail dans la réparation des dommages causés par l’abattage des forêts, le drainage des zones humides et la pollution des rivières.

Le prix annuel des Champions de la Terre du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) est la plus haute distinction environnementale des Nations Unies. Il récompense les individus et les organisations de nombreux domaines. Notamment les organismes de la société civile, les universités et le secteur privé qui ouvrent la voie à la protection de notre monde naturel.

Le prix Champions de la Terre a été créé en 2005 pour récompenser les réalisations environnementales exceptionnelles. Il est décerné chaque année dans les catégories suivantes : leadership politique, science et innovation, vision entrepreneuriale, inspiration et action, et réalisation de toute une vie. Le PNUE travaille avec les gouvernements, les entreprises et la société civile pour élaborer des politiques et des programmes environnementaux qui soutiennent le développement durable.

Ndjebet et deux autres lauréats ont été récompensés dans la catégorie “Inspiration et Action”.

La cofondatrice de Cameroun Écologie et présidente du Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts a exprimé son désir de défendre la nature et les femmes : “J’ai pris conscience que les femmes luttaient énormément. Je souhaite prendre la défense de ces femmes rurales et améliorer leur vie.”

Tous ces défis, Cécile Ndjebet les prend à bras le corps avec d’abord Cameroun écologie, puis le Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts (Refacof). Pour elle, il y a un constat à faire : le travail agricole est porté, en majorité, par les femmes. Et pourtant, ces dernières n’ont aucun droit de propriété. Ce sont elles qui travaillent la terre et replantent les forêts et les mangroves. Au micro de Radio France Internationale, Ndjebet a déclaré que “lorsqu’on n’a pas le droit de contrôle, on est vulnérable, à tout moment, le propriétaire peut récupérer sa terre, les femmes devenues veuves ont tout perdu, parce que les beaux frères ont tout pris. Vous vous rendez compte, vous avez travaillé 20 ans, 30 ans avec une personne, vous avez exploité un espace. Et dès qu’il décède, on vous l’arrache parce que vous n’avez pas fait de garçon qui pourrait hériter de son père.” 

Lutter contre les défis environnementaux

Depuis sa création il y a 23 ans, Cameroun Ecologie est devenu un acteur incontournable pour la lutte contre la pauvreté et celle de la durabilité environnementale. L’organisation a pour mission de soutenir les communautés rurales afin d’améliorer leurs conditions de vie. Et cela, via la gestion durable de l’environnement.

Selon les données récoltées par la Banque centrale, 42% de la population camerounaise vit en milieu rural en 2021. Quant aux chiffres du Programme des Nations Unies pour le développement, ils révèlent que neuf personnes sur dix se trouvant en situation précaire sont résidents en milieu rural.

Selon Cameroun Écologie, la population rurale dépend ainsi indirectement de la nature. Le défi est donc multidirectionnel: améliorer la situation économique des personnes vivant dans les villages, à travers des projets de protection et restauration de la nature. Et ce, tout en promouvant l’autonomisation des femmes et en stimulant l’économie locale.

Une écologie riche mais fragile

Le Cameroun abrite une diversité de paysages et de climats, des zones côtières aux montagnes, aux forêts tropicales et aux savanes. L’économie du pays dépend largement de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche. Cependant, l’environnement y est menacé par un certain nombre de problèmes, notamment la déforestation, l’érosion des sols et la pollution.

Déforestation

Comme dans de nombreux pays du continent, la déforestation est un problème majeur au Cameroun. Le pays a perdu environ 15 % de sa couverture forestière au cours des 20 dernières années. La perte d’arbres a entraîné l’érosion des sols, qui à son tour a entraîné une perte de productivité agricole. En outre, la perte de millions d’arbres a également impacté le cycle de l’eau du pays, car les arbres jouent un rôle important dans l’absorption et la libération de l’eau. La diminution de la couverture forestière a également entraîné une perte d’habitat pour la faune et a contribué au déclin de nombreuses espèces d’animaux.

Erosion des sols

L’érosion des sols est une autre question préoccupante. L’érosion du sol se produit lorsque la couche arable est amincie par le vent ou l’eau. Cela peut se produire en cas de manque de végétation pour maintenir le sol en place. Cela se produit notamment dans les zones qui ont été déboisées. L’érosion des sols peut avoir un certain nombre de conséquences négatives. Elle peut entraîner une perte de productivité agricole, ainsi que la contamination des sources hydrauliques. De plus, l’érosion des sols peut également entraîner la formation de tempêtes de poussière, ce qui peut mener à des problèmes respiratoires auprès des populations.

Pollution

La pollution est un autre facteur alarmant. L’air et l’eau du pays sont pollués par une variété de substances nocives, notamment le plomb, le mercure et d’autres métaux lourds. En outre, le sol du Cameroun est contaminé par une variété de produits chimiques dangereux, notamment des pesticides et des engrais. Le problème de la pollution est aggravé par le fait que le Cameroun ne dispose pas d’infrastructures adéquates pour traiter les déchets. En conséquence, une grande partie des déchets du pays finissent par être déversés dans des zones ouvertes, où ils polluent l’environnement. Pariez en ligne avec 22Bet et soyez au cœur de l’action.

Tous ces problèmes impactent l’économie du pays. La perte de productivité agricole, ainsi que la contamination des sources hydrauliques, ont un effet négatif sur la capacité du pays à assurer la sécurité alimentaire de sa population.

Tenter de renverser la cadence environnementale tout en résolvant les questions sociales est gargantuesque. Mais Cécile Ndjebet, via ses deux organisations, continuera à relever le défi coûte que coûte.


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