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Centrafrique: Fortes dissensions au sein de l’ex-Seleka

Le patron de la branche militaire, Joseph Zoundeko, dément les propos de son propre porte-parole qui défend un cadre historique du mouvement

En RCA, des discordances apparaissent au sein de l’état-major de l’ex-Seleka créé il y a moins d’un mois, le 11 mai. Le patron de la branche militaire, Joseph Zoundeko, dément les propos de son propre porte-parole qui défend un cadre historique du mouvement. Dix jours après les accrochages de Bambari entre des éléments Seleka et les troupes françaises qui ont fait plusieurs morts, le patron de l’aile militaire tient à faire la preuve qu’il tient sa chaîne de commandement.

A l’origine de cette discorde, l’interview mardi sur RFI d’Eric Neris-Massi, membre de la coordination politique de l’ex-Seleka, dans laquelle il mettait en cause une figure du mouvement, Mohamed Moussa Dhaffane, dans les troubles de Bambari fin mai.

Mercredi, le porte-parole de l’état-major militaire de la Seleka, Ahmat Nadjab a publié un communiqué pour défendre Mohamed Moussa Dhaffane, qui selon lui n’a rien à voir avec les évènements de Bambari. Ahmat Nadjab s’en prend aussi Eric Neris-Massi : « Il ferait mieux de s’occuper de la préparation de l’assemblée générale du mouvement », assemblée censée doter l’ex-Seleka d’une véritable aile politique.

Démenti de la direction militaire
Problème, le porte-parole n’a pas consulté l’état-major qu’il représente et sa hiérarchie le désavoue : « Ce sont ses idées personnelles », insiste le général Joseph Zoundeko, le patron militaire de la Seleka, qui tient à rectifier la position officielle du mouvement, et qui en discutera d’ailleurs avec les autres cadres aujourd’hui.

La force africaine une nouvelle fois montrée du doigt
La force africaine en République centrafricaine est de nouveau accusée de crimes contre la population. Après les multiples polémiques contre le contingent tchadien, les soldats du Congo-Brazzaville sont désormais dans le collimateur de Human Rights Watch.
D’après le rapport, tout aurait commencé par une altercation entre un chef anti-Balaka visiblement ivre et les militaires de la Misca. Le milicien aurait même appelé ses combattants à prendre les armes. Après la médiation d’un prêtre, l’homme se serait finalement calmé et serait parti se coucher.

Peu après, des anti-Balaka auraient tué un soldat congolais. Une vingtaine de ses compatriotes de la Misca auraient alors décidé de se venger en arrêtant le chef milicien chez lui, avec une dizaine de personnes. Depuis, personne ne les a revus. Human Rights Watch craint des exécutions sommaires, comme le confirme Peter Bouckaert, directeur des urgences pour l’ONG : « C’est un des cas de violation les plus graves commis par des forces africaines de maintien de paix depuis des années. La mission de la Misca est déjà dans une situation difficile avec la population, surtout à Boali. La population en ce moment est terrorisée par les forces de la Misca ».

La force africaine dit être sur le point de finaliser son enquête. Elle promet des sanctions si les faits sont avérés. « Depuis le début de notre mandat, nous avons une politique de tolérance zéro. En fait, toute exaction contre la population civile et toute autre violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Donc toute transgression de ces principes sera traitée avec la plus grande rigueur », explique Francis Ché, le porte-parole.

Sur la question des sanctions, Peter Bouckaert demande à voir. Les soldats tchadiens de la Misca, accusés de multiples crimes et retirés de Centrafrique en avril, n’ont jamais été inquiétés.

Des combattants ex-Seleka en route, samedi 10 mai, vers un village à 25 kilomètres de Bambari, où les habitants disent avoir été attaqués par des anti-Balaka. Une mosquée a été brûlée.
Reuters/ Siegfried Modola)/n


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