› International

Centrafrique: Le HCR préoccupé de la situation humanitaire

L’ONG Médecins Sans Frontières a décidé d’évacuer, temporairement, ses employés travaillant à l’hôpital communautaire

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est vivement préoccupé par la situation sur le plan humanitaire en République centrafricaine où les affrontements intercommunautaires se poursuivent dans certaines régions, selon un communiqué publié mardi, 24 décembre. Plus de 710.000 Centrafricains sont en effet déracinés dans l’ensemble du pays depuis le début de la crise qui a éclaté il y a un an. Parmi eux, 214.000 ont été déplacés à l’intérieur même de la capitale Bangui, précise le communiqué. Alors que les combats entre factions armées se poursuivent, des affrontements intercommunautaires ont éclaté à Bangui pour la première fois au début du mois de décembre, rappelle le document.

« Nous sommes très inquiets des conditions humanitaires et de sécurité dans les sites de déplacés et dans les familles d’accueil. Environ 60% de la population déplacée est composée d’enfants. Il faut faire davantage pour leur assistance et leur protection », a déclaré le Représentant du HCR en République centrafricaine, Lazare Kouassi Etien. Le HCR a déjà distribué tentes, matelas, bâches en plastique, moustiquaires, couvertures et vêtements aux personnes déplacées. Toutefois, souligne le communiqué, les besoins restent immenses et l’accès demeure une préoccupation importante, tout particulièrement à l’aéroport de Bangui. «Il règne un grand désordre dans ce site. Les jeunes sont armés de grenades et de machettes», a expliqué Omar Kobin Yalama, l’Imam de Bangui. «La tension est à son comble», a ajouté Dieudonné Nzapalainga, l’Archevêque de Bangui. «J’ai essayé en vain de rencontrer des personnes déplacées sur ce site.» Les deux hauts responsables religieux ont entamé des campagnes de réconciliation dans les sites de déplacés et à travers la ville. Lazare Kouassi Etien du HCR a ajouté: «Nous travaillons avec toutes les parties concernées pour veiller à ce que le caractère civil de l’ensemble des sites de déplacés soit respecté afin de permettre un accès aux personnes déplacées et d’assurer leur sécurité.» Les conditions de vie dans d’autres sites de déplacés sont dégradées. «Nous sommes plus de 20 personnes sous une seule tente et d’autres dorment en plein air», a déclaré Grace, une déplacée tenant son bébé dans les bras. «Ceux qui dorment dans les églises doivent les évacuer à quatre heures pour permettre la préparation de la messe du matin. Les enfants tombent malades à cause du froid matinal.»

Le partenaire du HCR pour les soins de santé, International Medical Corps, a établi des dispensaires dans les sites de déplacés. Entre 200 et 250 personnes déplacées sont soignées par des infirmières chaque jour dans l’enceinte de l’Archevêché. La plupart des patients souffrent du paludisme ou de diarrhées. Dans le cadre de la réponse interinstitutions à cette crise, le HCR dirige les groupes de travail dans les domaines de la protection, des abris et des articles non alimentaires. Vu le niveau de violence et la proximité des combats, l’ONG Médecins Sans Frontières a d’ailleurs décidé d’évacuer, temporairement, ses employés travaillant à l’hôpital communautaire où l’organisation humanitaire délivrait des secours d’urgence. L’agence onusienne a déjà déployé une équipe d’urgence de 10 personnes à Bangui. Des articles de secours seront acheminés par avion-cargo d’ici la fin de l’année pour reconstituer les stocks du HCR à Bangui, ajoute le document. En plus des déplacements internes massifs, le conflit a également poussé des Centrafricains à fuir vers les pays voisins. Depuis le mois de mars, 43.500 personnes ont traversé la frontière vers la République démocratique du Congo, 12.000 vers le Tchad, 11.000 vers le Congo et 5.000 vers le Cameroun, selon des statistiques de l’ONU.

Des déplacés à Bangui, la capitale de la République centrafricaine, ont trouvé refuge dans une église en construction

unhcr.fr )/n

À LA UNE
Retour en haut