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Centrafrique: nouvelle allégation d’abus sexuel visant un militaire français

Les Nations Unies ont été informées d’allégations d’abus sexuel sur une jeune fille par un membre de la force militaire française Sangaris dans le pays, a déclaré jeudi le Zeid Ra’ad Al Hussein

Les Nations Unies ont été informées d’allégations d’abus sexuel sur une jeune fille par un membre de la force militaire française Sangaris en Centrafrique, a déclaré jeudi, 03 septembre 2015, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Les faits allégués se seraient produits il y a environ un an et l’ONU en a été informée le 30 août.

La victime présumée, probablement en fin d’adolescence au moment des faits allégués, a donné naissance à un enfant en avril, a précisé le Haut-Commissaire. « Ceci est la dernière d’une série d’allégations effroyables d’abus et d’exploitation sexuelle par des troupes étrangères en RCA » (République centrafricaine), a déclaré M. Zeid, en visite à Bangui, selon un communiqué de l’ONU. Il a ajouté que les autorités françaises avaient été informées et que l’ONU se tenait disponible pour les aider dans leurs enquêtes.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a « immédiatement ordonné une enquête de commandement et saisira le parquet de Paris dès que des éléments lui auront été transmis », a-t-on indiqué dans son entourage.

Le ministère a « été informé il y a 36 heures qu’il allait y avoir une communication (de l’ONU) sur des allégations d’abus sexuels » mais n’a pour l’heure reçu aucune information, a-t-on ajouté de même source. « On attend que l’ONU nous donne un peu plus », a relevé le porte-parole du ministère, Pierre Bayle, en précisant que les autorités françaises « avaient été informées oralement à l’ONU par les voies diplomatiques ». « Nous serons totalement transparents », a-t-il affirmé.

La France enquêtait déjà sur des accusations d’abus sexuels commis sur des enfants en Centrafrique entre décembre 2013 et juin 2014. Elles visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l’opération Sangaris menée par la France et n’étaient pas sous le commandement de l’ONU.

M. Zeid a souligné que les gouvernements des pays qui fournissent des contingents ont l’obligation d’enquêter rapidement sur tous les cas. « Tous les militaires reconnus coupables, qu’ils soient des Nations unies ou d’un autre pays étranger, doivent être condamnés à des peines qui correspondent à leurs crimes », a déclaré M. Zeid.

« Bien que ce cas particulier ne concerne pas les Casques bleus, il y a eu un certain nombre d’autres cas en RCA-et ailleurs -qui ont impliqués les soldats de l’ONU. Nous nous devons de trouver des moyens pour empêcher ces actes odieux commis par des soldats partout où ils sont censés protéger les populations vulnérables », a souligné le Haut-Commissaire.

Le plus haut responsable des droits de l’homme de l’ONU a déclaré que son bureau travaille en étroite collaboration avec la Minusca, la mission de l’ONU en RCA, et avec l’UNICEF qui, à travers ses partenaires, va fournir un soutien psychosocial et une assistance juridique à la jeune fille et sa famille. La victime a déposé une plainte pour reconnaissance de paternité auprès des autorités locales.


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