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Chine: une Eglise protestante réprimée par les autorités (fidèles)

Des dizaines de fidèles d’une Eglise protestante clandestine du sud-ouest de la Chine ont disparu, avec leur pasteur, après une descente de police dimanche, ont affirmé lundi des fidèles.

Selon un communiqué de « l’Église de l’alliance de la pluie d’automne » de la métropole de Chengdu, la police a arrêté plusieurs responsables de la communauté, y compris le pasteur Wang Yi.

Des fidèles interrogés par l’AFP ont confirmé l’opération, estimant que 80 personnes au moins n’avaient plus été vues depuis: « La plupart des membres de l’Église ont été arrêtés chez eux, certains dans la rue. D’autres ont été repérés par la localisation de leur téléphone portable puis interpellés », a indiqué l’un d’eux, qui a requis l’anonymat.

La police provinciale du Sichuan s’est refusée à tout commentaire. Celle de Chengdu n’a pas répondu aux demandes de commentaires de l’AFP.

La Chine, officiellement laïque, redoute tout mouvement qui échappe à sa tutelle, organisations religieuses comprises.

Or, les églises chrétiennes sont divisées entre les églises officielles, où l’on prie notamment pour le Parti communiste, et les « clandestines ».

Les églises importantes comme celle de Chengdu, qui compte au moins 500 fidèles, sont soumises à une pression accrue, selon des organisations chrétiennes.

Le gouvernement chinois a semblé ces derniers mois resserrer la surveillance de l’ensemble des cultes, qui ont vu des églises détruites, des croix descendues des clochers et des crèches religieuses fermées.

Dans les régions à forte population musulmane, ce sont des symboles islamiques qui ont été ôtés des espaces publics. Au Xinjiang, dans le nord-ouest du pays, les Ouïghours et autres minorités ethniques de langues turciques sont punis s’ils enfreignent l’interdiction du port de la barbe et de la burqa, ou même pour la possession d’un Coran.

En septembre, une des principales Églises protestantes non officielles, l’Église de Sion, a été fermée à Pékin pour défaut d’autorisation, avant de se voir intimer l’ordre de payer 1,2 million de yuans (153.000 euros) de loyer et frais de déménagement.

En novembre, un évêque de l’est du pays, nommé par le pape mais non reconnu par la Chine, a disparu malgré un accord historique en septembre entre Pékin et le Vatican sur la nomination des évêques.

Selon l’organisation de défense des droits de l’homme chrétienne ChinaAid, l’Église visée dimanche était harcelée depuis plusieurs mois par les autorités.

« Le raid nocturne (…) constitue une escalade majeure dans la persécution religieuse en Chine », a twitté Bob Fu, fondateur de ChinaAid.

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