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Choléra: Les autorités camerounaises dans la confusion

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Le ministre Mama Fouda de la santé publique tente de minimiser les cas de Douala et de Yaoundé

Le ministre relativise l’atteinte de l’épidémie au sud du Cameroun
Les autorités camerounaises essayent de minimiser les cas de choléra apparus dans les hôpitaux de Yaoundé la capitale et Douala la capitale économique. Selon des informations reprises en écho par les médias locaux, plusieurs cas de choléra sont apparus dans ces deux villes et on aurait déjà enregistré un décès à Douala, une information publiée par le journal Mutations, qui cite de nombreux témoins, dont un médecin. Le ministre de la Santé a choisi de détourner l’attention. Ce week-end du ramadan, nous avons eu trois cas suspects à Douala et deux cas à Yaoundé, des cas de diarrhée qui pourraient ressembler à une forme de choléra. Pour l’instant, les selles ont été prélevées et nous attendons le diagnostic du Centre Pasteur du Cameroun, a déclaré mardi face à la presse à Douala, le ministre de la Santé publique. Les cas de Yaoundé, respectivement une femme d’une quarantaine d’années et un homme, ont été signalés au Centre hospitalier universitaire (CHU) et à l’hôpital de la garnison militaire. L’un et l’autre ont fait l’objet d’une prise en charge médicale gratuite. Ceux de Douala quant à eux ont été recueillis à l’hôpital de district de santé de Deido. Dans la soirée de mardi, la radio officielle a pris le relais pour dire que la femme du CHU était déjà sortie d’hôpital et qu’elle allait pour le mieux. Mais c’est le directeur du centre qui a répondu aux interviews, annonçant que des tests supplémentaires étaient attendus. A Douala, le ministre Mama Fouda tout en invitant les populations à la vigilance refuse qu’on se prête à l’amalgame. Nous sommes dans une zone endémique et nous pouvons donc l’avoir le choléra à tout moment. Il peut y avoir des porteurs sains qui ne font pas la maladie et d’autres qui font la maladie, a-t-il poursuivit rappelant que toute diarrhée n’est pas un choléra. Il apparait que le ministre de la santé est dans la confusion totale. Il a reconnu pour la première fois, que l’action des autorités n’avait pas été bien menée sur le terrain, sans dégager des responsabilités.

Le gouvernement reconnait sa contreperformance face à la situation
Des échos qui nous parviennent, il semble apparaître que nous ne faisons pas encore ce que nous devons faire, a-t-il dit. Mama Fouda a fait aussi le constat d’une légère désorganisation dans certaines formations sanitaires. Résultat: en dehors du Nord où il est fait état d’une stabilisation de l’épidémie, l’embrasement se poursuit dans l’Extrême-Nord qui enregistre encore tous les jours une centaine de malades et des décès. Pour de nombreux observateurs, les prises de position actuelles du ministre de la santé sont la preuve que son administration n’a pas eu la maîtrise de la situation depuis le début. Lors d’un premier voyage dans la région de l’extrême nord, alors que la maladie se déclenchait, il avait minimisé la situation en indiquant que la situation était sous contrôle. Un mois après le nombre de victimes avait doublé. Il est remonté une deuxième fois, cette fois-là avec le ministre en charge de l’eau. Le rapport des deux membres du gouvernement faisait savoir que la situation était sous contrôle. Nouveau démenti des faits 10 jours après on comptait à nouveau 100 victimes supplémentaires. A Douala et Yaoundé la communication est vite passée et les populations par principe et par expérience ne se fient pas aux appels à l’assurance du gouvernement. Des sources introduites au ministère de la Santé indiquent que le ministre craint une propagation de la maladie à Yaoundé et Douala. Le gouvernement n’est pas parvenu à boucler les deux milliards nécessaires pour le grand nord. Si le Sud s’ajoutait ce serait une véritable catastrophe. Les observateurs sont très critiques envers les ministères de la Santé, de l’Energie et de l’eau et des Travaux publics, trois ministères dont la défaillance a aujourd’hui contribué à causer la mort des victimes du choléra à l’extrême nord. Une prise en charge insuffisante, une absence d’eau potable pour un grand nombre et l’absence des voies de communications pour arriver aux points de santé. Alors que les autorités camerounaises à leurs habitudes minimisent, l’OMS semble plus inquiète. Trois experts de cette institution onusienne sont arrivés à Maroua pour renforcer les équipes de luttes contre le choléra dans l’Extrême nord du Cameroun. Une réunion de crise est prévue ce mercredi 15 septembre 2010. Preuve que le gouvernement n’est pas aussi rassuré qu’il veut le faire croire.

Le ministre Mama Fouda lors de sa visite dans le grand Nord
cameroon-info.net)/n


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