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Choléra: Plus de 300 victimes et 51 morts déjà recensés au Cameroun

Signalé depuis près de deux semaines, le choléra continue de faire des victimes sous le regard impuissant du gouvernement

La maladie avance
Le choléra a déjà fait au moins 51 morts au cours des dernières semaines dans le nord du Cameroun d’après des chiffres officiels. Selon certains experts de la santé, l’insuffisance en eau potable et installations sanitaires adaptées est mise en cause dans cette situation. Des observateurs sur place affirment que la lutte contre le choléra est rendu particulièrement difficile, en raison des conditions d’hygiène approximatives qui y prévalent. Les régions les plus affectées sont celles du Nord et de l’Extrême-Nord. Le 14 octobre, un bilan du ministère de la Santé mis à jour en permanence faisait état de 23 morts dans l’Extrême-Nord, sur 144 personnes infectées, et de 28 morts dans la région du Nord, sur 152 personnes infectées. Dans cette partie du Cameroun, qui possède les caractéristiques climatiques du Sahel, l’accès à l’eau potable reste très limité. D’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Cameroun les forages et les puits existants ne suffisent pas à satisfaire les besoins d’une population estimée à près de 5 millions d’habitants.

La réaction du gouvernement
La réaction du gouvernement a été imminente mais demeure inefficace. Dans les zones touchées par le choléra, les autorités ont commencé à désinfecter les puits et les autres points d’eau avec du chlore, d’après Albert Friki, préfet d’un des départements affectés. Des équipes de santé de la région sont allés sur le terrain pour apporter du renfort aux populations. Dans tous les districts de santé, la prise en charge est assurée et gratuite. Les autorités ont également invité les populations à adopter des bonnes pratiques en matière d’hygiène. Une recommandation difficilement applicable. Dans le Cameroun rural en général, seulement 30 pour cent des habitants ont accès à l’eau potable, et 15 pour cent à des installations sanitaires, d’après l’UNICEF. Des chiffres qui sont encore plus graves dans la partie nord du pays où en plus les taux des populations vivant dans les zones difficilement accessibles sont très élevés.

Une action critiquée
Beaucoup d’observateurs critiquent la réaction du gouvernement qu’ils jugent timide, inefficace et surtout inappropriée. Le gouvernement ne possède pas des fichiers santé actualisés pour ces populations. Ils sont nombreux à penser que l’intervention du gouvernement aurait pu être préventive et concertée. Cette épidémie intervient alors que l’Institut Nationale de la Statistique a lancé une campagne de collecte de données sanitaires et économiques. Les dernières enquêtes de ce genre dont les résultats restent inconnus du public datent de 2004. Une actualisation de ces données permettrait une meilleure réponse du gouvernement. Les épidémies de choléra sont fréquentes dans le nord du Cameroun, mais celle qui frappe actuellement la région est particulièrement sévère. Ces dernières années, l’épidémie qui a fait le plus de morts a été celle de Douala, la capitale économique, où le choléra avait tué 100 personnes en 2004.

Environ 75 pour cent des personnes infectées par le choléra ne développent aucun symptôme, mais peuvent tout de même transmettre l’infection, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; la maladie est extrêmement virulente et peut tuer un adulte en bonne santé en quelques heures, selon l’OMS.


Journal du Cameroun)/n
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