Personnalités › Diaspora

Christian Ebong, jeune camerounais pilote automobile

Des soucis financiers l’empêchent d’aller le plus loin et le plus vite. Mais ce n’est pas le courage qui lui manque!

Il s’appelle Christian Ebong, est camerounais et sans doute, a pris le trait de caractère qui définit si bien ce peuple: Le courage. Sinon, comment expliquer qu’avec la multitude des pratiques sportives qui existent, il ait choisi une qui soit difficile et si chère à accomplir. Et pour cause, il faut bénéficier d’un appui réel pour espérer aller loin. Christian Ebong a décidé qu’il sera pilote automobile professionnel. Sinon rien! C’est cette passion pour son sujet – qui du reste il semble maîtriser – qui étonne. Et contraste avec son physique olympien, son visage docile et sa voix lascive.

Né à Yaoundé le 9 juin 1983, il a grandi à Oyomabang dans la banlieue de Yaoundé. Ses parents y vivent encore. Sa scolarité en maternelle, primaire et collège se passera à Fustel des Coulanges, école et lycée français de la ville de Yaoundé. En 1997, il a 13 ans et quitte le Cameroun pour la France, il poursuit alors sa scolarité à Châtenay Malabry, commune située dans les Hauts-de-seine en Ile-De-France. Scolarité sans heurts, mais la passion germe dans l’esprit du jeune garçon. Intéressé par tout ce qui est courses automobiles, il décide de prendre part au championnat de rallye cross organisé par le conseil régional. Il réussit les tests et est intégré à une équipe de 21 personnes qui comprend 19 mécaniciens et 2 pilotes. Cette première expérience, il la fait comme mécanicien, mais il est emmené à remplacer un pilote malade et finit 4e de la course. On parle de lui en termes de révélation. Lui qui n’a jusqu’ici pratiqué sa passion que par procuration, voit le rêve prendre forme et décide de jouer à fond les partitions. Il est donc pilote pour le reste de la saison pour le compte de Châtenay – Malabry. Son équipe est vice-champion et quelques faisceaux lumineux liés à cette victoire éclairent le jeune camerounais. En 2002 – 2003, il participe à nouveau et finit. Premier ! Il décide donc qu’il en fera sa vie. Il se forme comme mécanicien spécialisé dans la préparation et la réparation des voitures de courses et apprend le montage et le réglage. Tout ceci parallèlement à ses études.

Christian Ebong, jeune camerounais pilote automobile
Alain Ducastell)/n

En 2003, il a le concours de l’école de pilotage du mans (Auto Sport Académie). Faute de moyens, il ne peut participer au championnat: Je m’en souviendrais comme si c’était hier car c’était ma première véritable claque, il me fallait 56 212 euros, (environ 37 millions de Fcfa, ndlr). Il reste sur la touche, mais ne s’arrête pas. Il multiplie les essais, cherche les sponsors, sollicite des partenaires et la chance lui sourit car il est appelé pour des essais à Loheac, charmant village de Bretagne connu pour ses courses automobiles. Il convainc et participe au championnat de France de supertourisme en 2006. Le succès de Loheac, c’est d’avoir pu participer. J’avais besoin de ressentir mon évolution sans spécialement viser spécialement le podium. Car je manquais d’entrainements. Il est parmi les 10 premiers et s’en console. En 2008, un mécène décide de financer sa participation au championnat d’Europe Peugeot THP Spider 207 et ça se passe bien pour lui. En 2009, fort de cette expérience en Europe, il se concentre sur le Championnat Allemagne de SEAT Leon Supercopa. Là bas, il est reconnu comme un pilote professionnel et méticuleux par ses pairs qui lui prédisent un avenir prometteur dans le milieu du sport automobile.

Il espère un jour participer au championnat du monde de véhicule de tourisme
Alain Ducastell)/n

Son rêve aujourd’hui est de participer au championnat du monde de véhicule de tourisme, cela demande tout de même 262 millions de Fcfa (400 000 euros) : Je me suis toujours dis que je trouverais cet argent pour montrer que je peux réussir dans une carrière de pilote. A la question de savoir où il compte trouver cet argent, il répond De nombreux pays financent et soutiennent la carrière de leur pilotes car c’est pour le pays que le pilote gagne. Je me suis planté en croyant que j’aurais eu un soutien naturel de mon pays le Cameroun, mais je ne désespère pas. Il multiplie les rencontres et écume les évènements qui peuvent lui permettre d’être en contact avec les éventuels mécènes afin de réussir un jour ce rêve qu’il cultive depuis de longues années déjà. Un vrai combattant!

Christian Ebong à bord d’une voiture
Alain Ducastell)/n



À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Retour en haut
error: Contenu protégé