CultureCulture › Arts visuels

Cinéma engagé: Des fermiers américains émus par le film «La Banane»

Les organisateurs de cette projection aux États-Unis voulaient attirer l’attention sur les dérives de l’exploitation de la banane au Cameroun

Spoliation des terres, insécurité alimentaire et pollution en raison de la production industrielle de banane au Cameroun, tel est l’image que le film « la Banane » du Camerounais Franck Hameni Bieleu présente de cette activité dite génératrice de revenus pour les populations et de recettes pour l’Etat. Le film projeté ces derniers jours aux Etats unis d’Amérique, a été interdit de diffusion au Cameroun au mois d’avril dernier. L’enseignement que les américains peuvent en tirer, c’est le fait que des populations locales de fermiers croulent sous le poids d’une banane qu’ils ne consomment même pas. Une banane produite avec des dollars américains, un des actionnaires de la société productrice étant originaire de ce pays. Dans le film, une femme dénonce. « Nous n’allons en guerre contre personne, ce que nous voulons, c’est juste qu’on nous restitue nos terres, pour que nous puissions y cultiver ce que nous mangeons ». Dans une interview accordée à un média américain, Franck Hameni Bieleu a rappelé que le tournage du documentaire s’est déroulé dans une ambiance difficile. « J’ai été arrêté, parce que le chef du village concerné qui reçoit de l’argent m’a dénoncé, le député de la région est en charge des relations publiques de cette entreprise, et le ministre du commerce en est le président du conseil d’administration », a-t-il déclaré.

Les images du film ont été très dures à encaisser pour des fermiers américains, dans l’Oklahoma apprend-on, certains d’entre eux ont pleuré de voir les conditions de misère dans lesquelles d’autres fermiers comme eux vivent dans une autre partie du monde. Pour les organisateurs de cette projection, le but est d’attirer des politiciens américains sur les dérives auxquelles participent des américains au nom du capitalisme dans le monde. « Le problème ne doit pas être perçu comme un combat contre les investissements. Le fait est que les fermiers malgré tout, doivent pouvoir conserver des parcelles de terre pour produire leur nourriture. On ferme les yeux pourtant de plus en plus de nombreux pays soutiennent des investisseurs qui occupent des étendues de terres fertiles en Afrique, au détriment du respect des droits des locaux, et en complicité avec des gouvernements », a déclaré Emira Woods, une militante américaine des droits de l’Homme. Le 26 avril dernier, ce film avait été interdit de diffusion à la fondation Muna de Yaoundé la capitale camerounaise. Alors qu’il s’apprêtait à être diffusé en projection privé, la police est arrivée pour interdire la séance. Une action qui en ce moment là avait soulevé de nombreuses polémiques.

Les organisateurs de cette projection aux États-Unis voulaient attirer l’attention sur les dérives de l’exploitation de la banane au Cameroun
http://thebigbananamovie.com)/n



À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Retour en haut
error: Contenu protégé