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Cinéma: Le réalisateur Richard Djiff retrouvé et admis aux soins

Porté disparu depuis douze jours, il a été retrouvé dans un état de santé inquiétant

Richard Djif, le jeune réalisateur a été retrouvé ce mercredi 03 avril dans un quartier de Yaoundé la capitale camerounaise et admis aux soins dans un centre hospitalier de la ville. « Ce matin j’ai reçu un coup de fil et je n’arrivais pas à bien discerner, bien comprendre. J’ai senti une voix qui parlait à peine et puis cela s’est arrêté mais après j’ai senti que c’était justement sa voix », raconte Appolinaire Tchoupou, le grand frère du réalisateur. Dans une information que rapporte le quotidien le Messager, le jeune réalisateur raconte son enlèvement. « Je revenais d’un lieu de détente où j’ai regardé le match Cameroun-Togo. Alors que je retournais dans ma cité à Bonas (Bonamoussadi, Ndlr), j’ai remarqué qu’une voiture de marque Toyota Avensis de couleur beige me suivait depuis la veille. Pour créer la diversion, j’ai emprunté une moto pour le Carrefour Biyem-Assi. Mais le véhicule était toujours à mes trousses. Au moment où j’ai tenté de le semer, un autre véhicule a surgi de nulle part et m’en a empêché. Trois hommes baraqués en sont sortis et m’ont immobilisé avant de me jeter à l’intérieur », a-t-il fait savoir selon un reportage de ce journal. Jusqu’ici on n’a toujours pas de détails sur l’identité des ravisseurs que le jeune réalisateur accuse de l’avoir torturé. Depuis la diffusion du film, les acteurs ont souvent fait cas de menaces de mort qui pesaient sur eux. « Parfois on reçoit des coups de fils anonymes qui nous mettent en garde sans qu’on ne puisse savoir qui le fait », a confié Jacobin Yaro, un des comédiens du film au c ur de la situation.

Il reste difficile à comprendre pourquoi c’est seulement aujourd’hui que les personnes qui ont travaillé autour du film 139 les derniers prédateurs sont menacées. La première présentation du film a eu lieu le 18 avril 2011 et de nombreux journalistes et autres personnes avaient eu l’occasion de voir son contenu sans que cela ne fasse l’objet de représailles. L’histoire raconte une investigation journalistique dans un pays imaginaire que son réalisateur a voulu appeler Chimpanz. Deux journalistes enquêtent sur un régime et veulent percer le mythe de l’immortalité du président. Un tyran qui a fait 139 ans au pouvoir les traque autant que ses opposants. Au centre de l’intrigue, un opposant, Nirien le rebelle. Le personnage incarné par Jacobin Yaro, a la caractéristique d’être narcissique, violent et traitre. Sa formule magique, « seul les vivants comptent dans une révolution, le génocide est un vain mot ». Il n’a qu’une raison de vivre, chasser le grand Papa Ndem du pouvoir et prendre sa place. En face justement, Papa Ndem. Personnage interprété par un autre grand nom du spectacle représenté au Cameroun, André Bang. Il est l’incarnation parfaite de la dictature africaine. Cela fait 139 ans qu’il est au pouvoir, il collectionne les champagnes et des filles magnifiques pour agrémenter sa vie. Il suscite crainte et respect. Tan-pis si le pays souffre, il leur fera un bon discours préparé. Et le peuple ignorant l’acclame et lui voue une idolâtrie sans faille. Un autre film, celui du réalisateur Jean Pierre Bekolo est aussi au centre d’une grosse polémique. Mais au contraire du jeune Djiff qui dit n’avoir voulu indexer personne, Monsieur Bekolo positionne son cinéma comme un engagement à la réécriture de l’histoire. Aux dernières nouvelles Richard Djif souffrait de traumatisme physique et psychologique.


journalducameroun.com)/n
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