Politique › Institutionnel

Cinquantenaire de la réunification: L’hymne national au c ur du débat

Foulassi, contrée où fut composé le chant qui deviendra un des symboles du Cameroun, a abrité une rencontre de camerounais au sujet de ce chant

Le retour aux sources de Foulassi où fut composé l’hymne national il y a plus de 84 ans, fut tout sauf un moment tranquille d’échanges. Effet, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de la réunification, le comité d’organisation a programmé un certain nombre de conférences dont celle portant sur l’hymne national. Cette dernière a eu pour cadre Foulassi, localité située à l’entrée de Sangmelima, qui est restée comme à l’arrêt dans son développement depuis plus de 80 ans. Cette petite bourgade du Sud Cameroun dans le Dja et Lobo, était tout à fait indiquée : c’est là-bas que des jeunes camerounais de l’école normale appartenant à l’époque à l’église presbytérienne américaine, vont composer le chant de ralliement qui sera choisi le 05 novembre 1957 comme hymne national du Cameroun français en route vers son indépendance. Le millier de personnes présent dans l’église de Foulassi en est reparti nourri de connaissances, mais aussi porteur d’un débat ouvert par les experts présents. Le débat a découlé des relents colonialistes perçus par certains dans le fond du texte de l’hymne et qu’il faudrait expurger, de l’absence d’allusion à Dieu dans ledit texte, de la volonté de certains d’intégrer des éléments liés à notre combat pour l’indépendance alors que pour d’autres il ne saurait être question de toucher ce qui existe.

Source d’unité et de diversité
Le débat est ouvert avec le mot de bienvenue du maire de Sangmélima, pour qui « ce jour n’est qu’un début », espérant « que Foulassi ne servira pas aujourd’hui pour le spectacle, puis oublié demain » et souhaitant enfin de « réhabiliter et restaurer Foulassi ». Comme pour lui répondre, Joseph Le, directeur de cabinet civil adjoint de la présidence, vice président du comité d’organisation des manifestations du cinquantenaire, rappellera que ce moment est celui du recueillement, de débats. Pour lui, l’hymne national est un symbole fort de communion et de rassemblement d’un pays, chant exécuté pour exalter des héros, qui découle du sacré. Effectivement, les noms de certains héros de la lutte pour l’indépendance, jadis tabous, ont été prononcé durant ce cycle des conférences et leurs images projetées. Déjà à Yaoundé, c’est le président du comité d’organisation et directeur de cabinet civil, Bélinga Eboutou, qui avait cité Um Nyobé dans ses déclarations sur fond de projection de ses images. A Foulassi, Um Nyobé s’est également invité, illustre parmi les autres 70 normaliens des promotions 1925-1933, qui initia une grève pour refuser d’exécuter une punition consistant à confectionner des moellons qui ont permis de construire la grande paroisse de Foulassi qui abritait la conférence. Notre hymne ne devrait jamais pour joseph Le, être sifflé par les camerounais. C’est surement pour cela que selon Anatole Ebongo, 102 ans, dernier survivant des condisciples de Njam Afane, habillé en tenue kaki et béret noir comme à leur époque, ils ont reçu des missionnaires américains une éducation citoyenne baignés dans la foi chrétienne. Anatole Ebongo révélera que Njam Afane fut désigné dans le groupe de composition de ce qui sera appelé le chant de ralliement car étant le meilleur en français, alors Minkyo Bamba était lui le meilleur élève en musique. Ce sont donc les meilleurs qui furent choisis. C’est ainsi que selon cet ancien directeur des douanes, la copie manuscrite originale fut rédigée par Frédéric Ekwalla Essaka, major de deux promotions de l’école normale de Foulassi, plus tard chef Akwa. Le processus de changement de paroles intervenues en 1970 sous la plume de François Singat Kuo, fut vertement combattu par Njam Afane. Le débat était dès lors ouvert celui qui au terme de son intervention suivie avec une attention particulière, souhaitera que l’hymne national soit rebaptisé la « Foulassiène ».

Rencontre de camerounais au sujet de l’hymne nationale
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Le Pr jean Emmanuel Pondi va louer le courage, la témérité des jeunes de l’école normale de Foulassi à cette époque. En effet, l’administration française prenait des mesures drastiques pour réduire les déplacements (loi contre le vagabondage en 22 juillet 1924, loi sur l’indigénat du 08 octobre 1924) et contenir le sentiment de rejet de l’administration française par les populations encore imprégnées de la culture allemande. Ce chant de ralliement sera pour le Pr Léopold Donfack Sonkeng, un hymne sacré qui sera pris en compte par l’Etat du Cameroun pour en faire un attribut de la république. Normal donc pour le recteur de l’institut supérieur Camille Chazeau, installé sur le site de Foulassi. En effet pour le Pasteur Ngwa Oyono, la célébration ne doit pas être une fin, mais une étape vers l’unicité, ceci afin que chacun se sente lié par l’autre. Donc venir à Foulassi était revenir à la source de l’unicité et de la diversité. Diversité de l’hymne que le Pr Mendo Zé va décortiquer avec maestria en révélant que ce sont au total 08 Phrases, 128 mots, 20 vers et 578 caractères.

Foulassi aujourd’hui
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