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Cinquantenaire des indépendances: Le Gabon entre autosatisfaction et critiques

Le Gabon célèbre ce mardi son demi-siècle d’indépendance dans une stabilité politique mais aussi sous les critiques d’une emprise que la France aurait maintenu sur l’Etat

25 délégations étrangères pour communier avec tous les gabonais
De nombreux chefs d’état africains dont le camerounais Paul Biya sont présents dans la capitale gabonaise depuis hier, lundi 16 août 2010, pour la célébration des cinquante ans des indépendances du Gabon. Selon des informations rendues publiques par des médias gabonais, il y aurait 25 délégations étrangères pour cette célébration. Les invités de marque ont eu droit ce lundi à un diner de gala et un spectacle son et lumière. Ces cinquantenaires ont aussi été marqués par l’ombre du président Omar Bongo Ondimba décédé l’an dernier, et dont le fils est devenu l’actuel président de la République, dans une élection difficile et violemment critiquée par l’opposition gabonaise. Les festivités officielles ont donc débuté le dimanche 15 août par le dépôt d’une gerbe de fleur dans le mausolée Omar Bongo Ondingba, à Franceville. Ce mardi place au spectacle: le défilé militaire. Les forces armées camerounaises seront présentes, aux côtés d’autres forces des armées étrangères d’Afrique. Ensuite, place au football, avec de nombreuses finales au programme et un concert intergénérationnel. Dans les rangs de l’opposition, on critique les dépenses effectuées pour cette célébration, 4 milliards de Fcfa pour les feux d’artifice. Trop exagérés, affirme-t-on du côté du l’Union nationale. Aussi critiqué, le repas géant qui sera offert ce mardi dans les arrondissements de Libreville. Du côté des organisateurs, on s’explique: le programme des festivités a été conçu de telle manière que l’ensemble des gabonais soient associés. Kermesses pour jeunes, banquets dans les arrondissements, expositions diverses, carnavals, concerts populaires et spectacles son et lumière, affirment les organisateurs.

Stabilité politique, immensité des richesses, et faible développement économique et social
Les divergences de vue apparaissent aussi sur le bilan du Gabon, cinquante années après son accession à l’indépendance. Politiquement, le pays a connu une stabilité certaine: aucun coup d’état signalé, aucun trouble social aux conséquences démesurées. Pourtant Omar Bongo qui succèdera à Léon Mba décédé, a régné pendant 41 ans au pouvoir, et ce sans partage. A sa mort, la puissante machine du parti au pouvoir, a placé le fils Bongo en orbite. Depuis son arrivée au pouvoir, le gabonais moyen sent les choses bouger. De nombreuses réformes sont entreprises et le pays continue de jouir d’une stabilité effective. Ce règne sans partage du clan Bongo, beaucoup l’attribuent au soutien de la France qui était déjà soupçonnée d’avoir placé Bongo, père, au pouvoir en 1967. Jusqu’à sa mort, il était considéré comme étant l’un des symboles de la Françafrique, un ensemble de relations opaques, politiques, d’affaire, voire d’affairisme, que la France a noué avec ses anciennes colonies. Difficile de distinguer le vrai du faux. La France a toujours nié l’existence de liens privilégiés avec le Gabon, mais les faits le démentent. 80% des entreprises implantées au Gabon sont françaises, et couvrent tous les secteurs de l’agroalimentaire à la banque en passant par les grands travaux et le transport maritime. Des entreprises qui du fait de leurs performances n’ont pas encore quitté le pays. Pourtant et paradoxalement, selon les statistiques de l’année 2009 du Programme des nations unies pour le développement, le Gabon est 103e sur 182, selon l’indice de développement humain, avec une production pétrolière deux fois supérieure à celle du Cameroun, et une population 10 fois moins nombreuse. Un autre point de critique, la présence militaire française. Pour de nombreux gabonais, il devient de plus en plus difficile d’admettre que des militaires français aient un camp au Gabon, et qu’à l’inverse, il n’y ait pas de camp de même nature de gabonais en France.

Omar Bongo, le président gaobnais
jeuneafrique.com)/n
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