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CNUDED: Un rapport prometteur pour l’économie africaine

L´Afrique devrait approfondir l´intégration régionale pour renforcer ses économies

L´édition 2009 du rapport annuel de la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) sur l´Afrique reconnaît qu´au cours des vingt dernières années, le continent a progressé dans la création d´organismes sous-régionaux d´intégration économique. Toutefois, contrairement aux attentes, ceux-ci n´ont pas sensiblement accru les échanges commerciaux, les flux d´investissement et la mobilité des personnes entre pays africains. C´est pourquoi, le marché africain est de loin le marché régional le plus morcelé. En s´inscrivant dans une stratégie de développement plus large et bien pensée, l’intégration régionale pourrait renforcer les capacités productives, intensifier la diversification économique et améliorer la compétitivité. La mise en commun des ressources et les économies d´échelle permettraient aux pays africains de participer plus efficacement à l’économie mondiale.

Pour stimuler l´intégration régionale, les pays doivent renforcer leurs infrastructures matérielles régionales réseaux routier, ferroviaire et aérien, télécommunications, etc. Compte tenu du coût élevé de ce type de projet et des capacités financières limitées des pays africains pris isolément, la solution la plus réaliste pour avancer sur la voie de l´intégration est la planification au niveau supranational et la mise en commun des ressources nécessaires au financement des projets régionaux revêtant une importance prioritaire. Il faudra que l´amélioration des infrastructures matérielles s´accompagne d´une amélioration des infrastructures immatérielles, notamment d´une harmonisation des politiques au niveau régional, de mesures de facilitation du commerce, d´une amélioration des procédures à la frontière et de l´adoption de politiques nationales qui favorisent l´intégration au lieu de la freiner.

L’analyse des destinations commerciales révèle que si les chiffres globaux du commerce intra-africain sont faibles, ce commerce est très important pour beaucoup de pays du continent. Vingt pays africains exportent au moins 25 % de leurs produits sur le marché régional. Les blocs commerciaux sont d´autant plus importants que c´est là que se font plus des trois quarts des échanges commerciaux intra-africains. Dans chaque région, le commerce est axé sur quelques pays influents, telle l´Afrique du Sud en Afrique australe, ce qui dénote l´existence de « pôles commerciaux » qui pourraient devenir des pôles de développement. Analysant la composition du commerce intra-africain, le rapport montre qu´elle est différente de celle du commerce entre l´Afrique et le reste du monde. Alors que les produits manufacturés prédominent dans les exportations intra-africaines, les exportations vers le reste du monde consistent essentiellement en produits primaires. Par ailleurs, le commerce entre pays africains est beaucoup plus diversifié que les exportations africaines vers le reste du monde. À la lumière de ces faits, le rapport estime que l´accroissement du commerce entre pays africains peut être un excellent moyen de promouvoir la diversification et de développer l´industrie africaine, car elle se verrait offert un marché beaucoup plus vaste et pus exigeant.

Le développement du commerce des services qui est déjà un fait pour de nombreux pays est essentiel au succès de l´intégration régionale en Afrique. Les services constituent ou pourraient constituer des sources appréciables de recettes d´exportation pour beaucoup de pays africains, particulièrement dans des secteurs comme le tourisme, le bâtiment, les ports et les services logistiques liés aux transports routier et ferroviaire. C´est la raison pour laquelle la fourniture et le commerce de services performants devraient être jugés tout aussi importants que la production et le commerce des marchandises. Actuellement, la plupart des pays africains sont incapables de fournir sur place les services, quantitatifs ou qualitatifs, exigés par leurs producteurs et leurs exportateurs, ce qui nuit à leur compétitivité. Le rapport plaide pour qu´une attention accrue soit accordée à la mise en place d´un secteur des services performant en Afrique.
Des restrictions continuent de peser sur l´emploi et sur le droit de résidence compte tenu du caractère sensible de ces questions. De nombreux acteurs et observateurs s’accordent pour dire que la mobilité limitée de la main-d´ uvre au-delà des frontières nationales est une contrainte non négligeable pour l´intégration régionale. Pour que des progrès appréciables soient réalisés, il convient d´adopter une approche plus positive face aux migrations intra-africaines. Il faut faire aussi preuve d´une volonté politique plus forte pour vaincre les groupes de pression nationaux qui s´opposent à cette forme d´intégration. L´avancement de ce projet exigera peut-être la modification et l´harmonisation des législations nationales et des codes de l´investissement, en particulier des dispositions qui interdisent aux étrangers de participer à certains types d´activités économiques.


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