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Code électoral au Cameroun: La révision adoptée dans la division

Le texte n’attend plus que la promulgation du Président de la République, et pourtant l’opposition parlementaire toute entière lui a manifesté une désapprobation

L’image saisissante, fait aujourd’hui le tour des chaines de télévisions camerounaises. Patricia Ndam Tomaïno, député de l’Union pour la Démocratie au Cameroun (UDC), se lève alors qu’on s’apprête à passer au vote du nouveau code électoral unique, balance le projet de code en l’air, et sort de la salle de plénière. Quelques minutes avant l’adoption, d’autres députés se lèvent, cette fois du Social Democratic Front (SDF). Après avoir chanté l’hymne national, ils sortent, certains faisant aussi voler leur projet de code. Les députés de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) de Bello Bouba Maïgari, ministre en charge du tourisme et des loisirs, vont rester dans la salle mais ne voteront pas. C’est aussi le cas pour Jean Jacques Ekindi, seul député de son parti le Mouvement progressiste (MP). Aux côtés de ces partis de l’opposition, 28 députés du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) au pouvoir, ont aussi voté contre la loi, pour protester contre le maintien d’un seul tour pour les élections. Cette question est une des principales revendications de l’opposition et avec elle, une partie de la société civile. Autres revendications non prises en compte et importantes pour les députés de l’opposition, le refus d’entériner le principe d’une majorité électorale à 18 ans, la non-consécration de l’indépendance d’Elections Cameroon (ELECAM), l’organe en charge d’organiser les élections au Cameroun. Du côté du gouvernement, on se dit satisfait. « C’est le fruit d’une longue concertation conduite par le Premier Ministre, c’est un document qui a réussi à harmoniser les textes qui régissent les élections au Cameroun, donc nous sommes satisfaits », a déclaré René Emmanuel Sadi le ministre défenseur de la loi devant les députés. Sur la réaction de l’opposition, il préfère être stoïque. « C’est la manifestation de la démocratie, je suis juste un peu surpris parce que ces partis ont participé aux travaux, maintenant qu’ils agissent de la sorte, je suis un peu surpris car certaines de leurs revendications ont été prises en compte, d’autre pas. Je dis c’est la démocratie, et le texte a été adopté et c’est cela qui compte » a ajouté le ministre.

Entre les observateurs de la scène politique, les avis sont partagés. Certains pensent que le nouveau texte régissant les élections constitue une avancée. « Les députés sont à féliciter en ce qui me concerne. Je pense que l’opposition a choisi de faire son show et il se laisse aveugler par cela. Avant de critiquer un texte comme celui-là, il faut se poser un certain nombre de question. Quel était l’objectif du code ? Réunir tous les textes électoraux en un seul, l’objectif a été atteint. Il fallait produire un texte qui soit aligné à la constitution, cela a été fait. L’opposition fait tellement d’agitation et cela fait qu’on oublie parfois de s’interroger sur ses méthodologies d’intervention » a fait savoir Jean Marie Eloundou, à la tête d’une association contre l’inertie. Pour d’autres observateurs, le texte est davantage une opportunité. « L’avancée doit être relevée, aujourd’hui il existe un code unique, il est difficile en mon sens d’avoir un texte parfait qui satisfasse tout le monde. Je note l’importante avancée qui concerne l’aspect genre. Le fait de consacrer un pourcentage de femmes dans les listes électorales est une réelle opportunité. Maintenant, la mise en application des différentes dispositions permettra de savoir si le texte est pertinent ou pas. En plus le ministre Sadi l’a dit, des textes règlementaires viendront préciser certaines dispositions de la loi électorale, j’y vois une opportunité, pour poursuivre le plaidoyer et influencer les mesures qui seront prises dans les six prochains mois », explique pour sa part Justine Ndiffo, de l’association More Women in Power. D’autres sont catégoriquement contre le nouveau code. Souley Onohiolo journaliste au quotidien le Messager, parle de « banditisme politique ». Pour Jean Bruno Tagne, le chef du desk politique au quotidien le Jour, on « ne peut se contenter de si peu ». « Tel que les choses se sont passés, on voit clairement que le gouvernement une fois encore, a verrouillé le système pour que seules les revendications du RDPC passent et encore seules les revendications qui étaient à l’avantage des députés sont passées. Donc vraiment cette loi est le signe une fois encore que dans ce pays on ne respecte rien » a-t-il fait savoir. Pour la population, fortement appauvrie ou occupée à jouir des revenus glanés, cela reste une fois encore un débat d’idées. Peu sont ceux qui s’intéressent concrètement à la question.

La révision du nouveau code électoral adoptée dans la division
Journalducameroun.com)/n



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