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Comité de normalisation : un conseil des sages pour quoi faire ?

Siège de la Fecafoot ©Droits réservés

Le patron intérimaire de l’instance faîtière du football camerounais vient de désigner dix personnalités «expérimentées» pour venir au chevet de l’institution qu’il dirige. Or, cette commission n’existe nulle part dans les statuts de la Fecafoot.

À la sortie de l’audience que lui avait accordée le président du Comité de normalisation au mois de novembre dernier, Emmanuel Ngassa Happi avait dit qu’en cas de besoin, il était disposé  à donner des conseils au ministre en charge des Sports, au Comité de normalisation pour l’avancement de notre football. En attendant d’être un des conseils du Minsep, son vœu de se voir être consulté par le président du Comité de normalisation a été exaucé.

En effet, sur une décision de Me Dieudonné Happi, signé le 15 février 2018, mais seulement rendue publique le jeudi 12 avril 2018, il est créé au sein de la Fecafoot un conseil des sages. Cet organe est constitué de dix membres à savoir : Prince Emmanuel Ngassa Happi (Président), Dr Jean Marc Ngalle Mbonjo (vice-président), Prince Ndoky Mukété (rapporteur), Augustin Edzoa, Bâtonnier Luc Sendze, Ahmadou Tidjani, Fayçal Mourad, Charles Abessolo Monefong, les Honorables Brigitte Ebande et Harouna Nyako (Membres).

De ces dix personnes, Augustin Edjoa (ancien ministre en charge des Sports),  Emmanuel Ngassa Happi (ancien président de l’Union sportive de Douala), Dr Jean-Marc Ngalle Mbonjo (ancien joueur de Tonnerre de Yaoundé), Prince Ndoky Mukété (ancien secrétaire général adjoint de la Fecafoot), Brigitte Ebande (ancienne présidente de l’union sportive d’Abong-Mbang), Harouna Nyako (président de l’Espérance de Guider) ont, chacun à sa façon,  des états des services dans le football camerounais.

Si l’article 3 de la présente décision indique que le mandat de président, vice-président, rapporteur et membres nommés peut prendre fin à tout moment sur simple arrêté du Comité de normalisation ou du Comité exécutif de la Fecafoot le cas échéant, rien ne transparaît sur les missions qui leur sont assignées. Toutefois, si l’on se réfère à ce qui se passe ailleurs, le conseil des sages est une instance de réflexion et de concertation indépendante et sans orientation politique, religieuse ou syndicale.

Assemblée nationale

Le conseil des sages nouvellement créé devrait donc jouer un rôle consultatif. La force des propositions devrait leur permettre, en cas de besoin, de mettre toutes leurs expériences et connaissances au service du Comité de normalisation, dans le but d’améliorer  le travail sur le terrain en terme de résultats, mais aussi d’organisation administrative, financière et technique, afin de rehausser le football camerounais à la hauteur des efforts consentis par ses principaux acteurs.

Alors que l’article 2 de la présente décision stipule que les fonctions de  président, vice-président, rapporteur et membres de cette commission sont gratuites, certains analystes de sports s’élèvent déjà pour dire qu’il s’agit d’une instance qui viendra plomber le budget de la Fecafoot, simplement parce qu’il est dit dans cet arrêté que «les intéressés pourront bénéficier de facilités de travail dont le montant sera fixé par le président du Comité de normalisation de la Fecafoot ».   

Certains y voient, à travers cette nouvelle commission, un prétexte pour le Comité de normalisation de rester longtemps à la Fecafoot. En rappel, le mandat du comité inclut les tâches suivantes : gérer les affaires courantes de la Fecafoot ; élaborer, en consultation avec toutes les parties prenantes, de nouveaux statuts qui soient en conformité avec les statuts et standards de la Fifa ainsi qu’avec la législation nationale obligatoire en vigueur ; réviser les statuts des ligues régionales et départementales et s’assurer de leur conformité vis-à-vis des statuts de la Fecafoot ; identifier les délégués de l’assemblée générale de la Fecafoot ainsi que des ligues régionales et départementales ; organiser les élections d’un nouveau comité exécutif de la Fecafoot.

Or, aux yeux de la Fifa, l’adoption des textes et les élections à la Fecafoot sont suspendues à la modification de la loi N° 2011/018 du 15 juillet 2011, relative à l’organisation et la promotion des activités physiques et sportives au Cameroun. Les promesses du ministre en charge des Sports  aux émissaires de la Fifa  au mois de février dernier garantissaient que l’Etat du Cameroun devait changer cette loi pour se donner les moyens de réduire les contestations judicaires, tardent à se concrétiser. En principe, la session de juin 2018 à l’Assemblée nationale sera particulièrement suivie par les acteurs du football camerounais.

 

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