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Comment éviter les crises post-électorales en Afrique

Par Serge Espoir Matomba, Premier secrétaire du Peuple Uni pour la Rénovation Sociale (Purs)

C’est donc officiel depuis le 23 septembre dernier. Ali Bongo Ondimba est le Président élu du Gabon pour les sept prochaines années. Ainsi en a voulu la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction de ce pays. Nous saluions cette victoire du président Ali.

On se souvient que ces résultats provisoires avaient plongé le pays dans une crise post-électorale, conduisant de fait, les partisans de Jean Ping, (l’opposant malheureux, qui conteste la victoire de Bongo) dans les rues de plusieurs villes du pays. Les dégâts de ces dérives étaient assez considérables.

On cite au passage la destruction de plusieurs édifices publics, parmi lesquels l’Assemblée Nationale. On a également enregistré quelques morts au cours de ces évènements, qui ont endeuillé plusieurs familles gabonaises. Nous pensons que le cas du Gabon illustre à suffisance la situation post-électorale dans certains pays au sud du Sahara.

Au-delà des faits qui laissent à désirer, il convient de se poser des vraies questions :
1- Pourquoi est-ce que les résultats des urnes ne sont jamais acceptés par les deux parties chez nous ?
2- L’Afrique est-elle faite pour la démocratie ?
3- C’est quoi la démocratie dans le fond ?
4- Devrons-nous mettre sur pied un système démocratique propre à l’Afrique ?
5- En gros quelles leçons retenir de ces crises post-électorales en Afrique ?

De toutes ces questions, seule la dernière retient fort opportunément notre attention. Oui, parce qu’il faut apprendre de nos erreurs, tirer des leçons pour mieux préparer ce continent dont on dit qu’il est le berceau de l’humanité mais qui peine encore à trouver sa voie, ses marques dans la marche du monde. Un monde en perpétuel mouvement dont seuls les astucieux et ceux qui pérorent à foison sur leur avenir gagnent.

Ainsi, il semblerait que l’une des leçons à tirer de ces crises à répétition, est de ne plus faire avec les acteurs qui animent la scène politique depuis des années tant au pouvoir que dans l’opposition. Chacun d’eux a démontré ses limites. Ces acteurs sont généralement des personnes très compromises qui ne sont prêtes à reculer devant rien pour rattraper le temps perdu ou se venger.

Il convient dès lors, au regard de tout cela, de miser sur une nouvelle génération d’hommes politiques, pour mettre sur pied une renaissance politique africaine. Encore faut-il trouver des personnes de la qualité culturelle et morale de ceux qui ont bâti la renaissance européenne, dans un continent où le modèle colonial a enseigné que la possession d’un diplôme universitaire est suffisante pour devenir un sage, un savant. Nous citons ici à juste titre Jean-Paul Pougala dans l’une de ses enseignements qui disait : « Comme partout dans le monde, l’Afrique a une pléthore de pseudo politiciens et de pseudo partis politiques et leur nombre augmente au fur et à mesure que le chômage croit ».

Oui une grande lecture d’un géostratège de son temps. En d’autres termes, ce ne sont donc pas les politiciens ou de nouveaux partis politiques qui manquent à notre continent, mais des visionnaires, les penseurs, les éclaireurs, des personnes capables de sacrifier leur carrière et leur succès personnel pour permettre à la société dans son ensemble de comprendre les pièges du système pour avancer plus vite.

Depuis que la démocratie s’est installée sur le continent, au début des années 1990, les pays parvenus à une alternance politique sans violence se comptent sur les doigts d’une main. Pourtant, en 1990, l’aspiration populaire au changement était puissante. Rien ne semblait pouvoir freiner l’envie de nouveauté qui éclatait dans les revendications des foules en colère. De nos jours, le combat est tout autre.

L’Afrique de demain, celle que nous voulons pour les générations futures a besoin que ses jeunes soient protégés, de la corruption, de la pollution intellectuelle des ainés véreux, pourris jusqu’à l’os dans un système malsain où la misère très souvent entretenue a fait des ravages sur la moralité et l’éthique de ces victimes devenus eux-mêmes des bourreaux.

Après plus de 500 ans de soumission et d’humiliation, notre continent a besoin de renaitre. Cette renaissance passe par une classe politique jeune, qui n’a pas de relation incestueuse avec les pouvoirs en place sur le continent. En grand visionnaire nous l’avons compris depuis 2010, en mettant sur pied le Purs (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale), un parti porté par la jeunesse camerounaise qui dans ce message invite la jeunesse africaine à s’approprier le devenir de notre continent, en prenant leur destin en main.


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