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Comment les acteurs formalisent l’informel

Une vingtaine de chercheurs d’Europe et d’Afrique se penchent sur la question dans un ouvrage récent, édité par l’Harmattan : «L’organisation de la transgression»

Quel rapport y a-t-il entre la vente des médicaments dans les cars de transport en commun au Cameroun et la vente de gibier en Côte d’Ivoire ? L’assistante maternelle agréée en France et la redistribution des biens confisqués aux mafias en Italie à des fins sociales ? Le premier questionnement présente deux situations similaires, décrivant la normalisation d’une pratique quoique demeurant informelle. Le second questionnement illustre deux exemples d’activités qui auraient pu paraitre « anormales » d’un point de vue moral, mais qui représentent des tentatives de formalisation d’un besoin social. Encore faut-il pouvoir définir le sens de l’informel et de la transgression. L’ouvrage, coordonné par deux chercheurs du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), Sonny Perseil et Yvon Pesqueux, ne fait pas défaut à la méthodologie pour ce type de réflexion.

En quatre chapitres, le collectif de chercheurs (24 en tout) constitué d’universitaires africains et européens, parcourt tour à tour : Le sens de l’informel et de la transgression dans l’organisation ; les managements possibles de l’informel ; Les études de cas d’économie informelle dans les pays du Sud (Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo) ; Les tentations de la formalisation.

Livre interdisciplinaire, ayant été mené sur des terrains différents pour éviter une lecture autocentrée de la transgression et de l’informel, l’ouvrage édité par l’Harmattan fait la promesse au lecteur de répondre aux questions suivantes : « Quels sens donner à la transgression ? Aux notions de formel et d’informel ? Peut-on organiser, voire manager, les activités économiques qui échappent au contrôle des autorités politiques ? Celles-ci participent-elles à l’institutionnalisation de pratiques transgressives ? Ou au contraire poussent-elles à la formalisation, entendue comme possibilité de régularisation ? Quelle est la logique de ces process qui visent à faire évoluer les formes ? » Au lecteur d’évaluer la pertinence des réponses apportées dans cet ouvrage collectif.


editions-harmattan.fr)/n


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