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Comment relancer le tourisme sinistré par l’insécurité au Cameroun

Le salon des professionnels du tourisme, IFTM Top Résa se poursuit à Paris. Une occasion pour le Cameroun de mettre en avant sa destination

Le salon des professionnels du tourisme, IFTM Top Résa se poursuit à Paris. Une occasion pour le Cameroun de mettre en avant sa destination. Depuis 2012 son tourisme bat de l’aile. L’Extrême-Nord, la région la plus prisée des touristes occidentaux, souffre de l’insécurité liée à la présence des islamistes de Boko Haram. Le pays pâtit d’une image négative. Le Cameroun a donc décidé de changer de cible et mise sur le tourisme régional.

Sur son 31, prospectus à la main Daniel Nganhoul tient son stand avec fermeté. Le directeur de la promotion du Tourisme au Cameroun est bien déterminé à mettre les points sur les i. Boko Haram, il ne veut plus en entendre parler : « Boko Haram ne sévit que dans une région du pays, sur dix ! La région de l’Extrême-Nord. Aujourd’hui, tout le reste du pays est sécurisé et visitable en toute saison. »

Pour maintenir le secteur, le ministère du Tourisme s’est concerté avec les forces de sécurité du pays. « Pour les groupes organisés, on s’est mis d’accord avec elles pour qu’ils soient accompagnés de façon discrète », rassure Daniel Nganhoul. « De la même manière, les sites touristiques et les hôtels sont surveillés. »

Viser le tourisme sous-régional
900 000 personnes ont visité le Cameroun en 2015, dont la majorité provient de la sous-région. Le tourisme de chasse et de safaris, très prisé par les vacanciers occidentaux, est en dégringolade. En revanche, du côté des affaires, le secteur se porte bien.

« Le Cameroun a une croissance de 6% et cela attire des investisseurs », se réjouit Benoît Kountchou, tour opérateur, directeur de l’agence Benoît tourisme voyages, installée à Paris. « C’est pourquoi nous avons un programme d’accompagnement des petites et moyennes entreprises françaises qui cherchent à investir en Afrique centrale. Chaque mois, nous avons au moins une ou deux sociétés qui partent pour le Cameroun, et ils allient toujours affaires et tourisme. »

Un marché national à explorer
Autre public que souhaite capter le ministère du Tourisme : les Camerounais eux-mêmes qui voyagent beaucoup à l’intérieur de leur pays, à la faveur notamment de certaines traditions. Pierre Moifo, gère l’hôtel Sawa à Douala. Chaque week-end, il voit des centaines de familles quitter la ville pour retrouver leurs proches. « Chaque semaine, des funérailles sont organisées par exemple, particulièrement dans la région de Grassfields, dans le nord-ouest et l’ouest du Cameroun », explique-t-il. « Il s’agit en fait de commémorations des morts. Ces funérailles durent plusieurs jours, parfois une semaine entière et elles regroupent les membres d’une famille, leurs amis, leurs connaissances… Il y a même des gens venus de l’étranger. Ce mouvement important fait que, toute l’année, il y a une activité touristique soutenue. »

Le ministère du Tourisme espérait attirer 2 millions de visiteurs en 2015. Malgré ses efforts, cet objectif semble encore loin. Aujourd’hui, le tourisme représente moins de 1% du produit intérieur brut camerounais.

Villageoises revenant du marché au nord du Cameroun.
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