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Comment sortir la République du piège du «diviser pour régner»

Par Hippolyte Nwal

La déliquescence plus ou moins perceptible de l’Etat et le recul de son autorité sont un avatar de la gestion de l’édifice républicain sous le régime du Renouveau. L’affaiblissement de l’idée autant que du sentiment d’une République une, unie et indivisible en sont le corollaire. La méthode du « Diviser pour mieux régner » apparaît, dans l’éventail des solutions disponibles à l’époque comme la réponse choisie par le régime, confronte qu’il était, à une contestation multiforme, dont le but était de l’ébranler dans son fondement.

L’enjeu pour les Dirigeants était alors d’asseoir le nouveau régime, de l’asseoir dans la durée. Si le Régime s’en est trouvé conforte, voire renforce au point de se maintenir pendant trente-cinq ans (35) à la date d’aujourd’hui, il n’en va pas de même de la République ainsi que de la sacro-sainte notion du « Vivre ensemble », qui accusent de sérieuses fissures et apparaissent tous les deux menaces comme jamais ils ne l’ont été. L’on ne peut raisonnablement envisager le devenir du Cameroun après le Président Biya et/ou le régime actuel, en faisant l’économie d’un tel constat, avant toute chose.

Partant de là, avec la volonté de rester au-dessus de tous les clivages habituels, les quatre points ci-dessous énumérés devront à mon humble sentiment fonder toute réflexion en vue d’une refondation devenue indispensable. L’objectif in fine serait de remettre les Camerounais au centre de toutes les préoccupations, en redonnant foi a une population qui, confrontée à des difficultés matérielles sans cesse accrues, a trouvé dans le repli sur soi et le repli identitaire une porte de salut; Sous l’influence d’idéologies extrémistes, au demeurant minoritaires. En redonnant aussi foi et espoir à une jeunesse qui faute de repères, se montre quelque peu inquiète, perdue et désemparée dans ce monde globalisé où elle a du mal à prendre ses marques, un monde qui change et évolue à une vitesse accélérée:

1) Sortir impérieusement du vide mémoriel actuel
En effet, mettre un terme et remédier à la politique de vide mémoriel, en procédant à la restauration et à la réécriture de notre Histoire, autour des figures emblématiques et patriotiques qui ont contribué à la faire; à des degrés divers. Il n’y a rien qui puisse désaliéner et fédérer un peuple, autant que son Histoire.

2) Restauration d’une justice républicaine
Une Justice équitable, accessible à tous et égale pour tous; une Justice indépendante dotée d’un Ministère Public ayant véritable pouvoir d’auto saisine, une Justice exemplaire dans son application, que tous les Camerounais respecteraient et dans laquelle tous se reconnaîtraient.

3) Une politique familiale plus effective
Qui ne se limiterait pas à la construction de maternités et la scolarisation de la petite enfance, mais qui restaurerait et renforcerait la structure familiale dans son rôle éducatif de base, pour ce qui est d’inculquer aux jeunes enfants les notions élémentaires telles que le bien et le mal, la justice, l’honnêteté, etc…

4) Réintroduction de l’enseignement de l’instruction civique dans les programmes scolaires
En vue de transmettre à la jeunesse les valeurs patriotiques et Républicaines, qui contribueront à bâtir en chacun le citoyen digne, loyal et responsable dont le pays a besoin.

Toutefois, la donne tribale restera un paramètre incontournable dans l’univers politique et social Camerounais, aussi longtemps que de manière plus ou moins volontaire, on se contentera d’en évoquer simplement ce qui en constitue l’écume.

Il est en effet vain d’essayer de s’attaquer aux différents épiphénomènes, si l’on ne va pas traquer le cancer qu’est tribalisme dans les interstices de ce qui a juste titre tient lieu de vecteurs officiels, que sont pour l’essentiel:
– L’axe colonial non-écrit dit « Nord-Sud »
– La politique dite de l’équilibre régional et son application
– La doctrine dite du village électoral
– Le mode d’élection à la PR ainsi qu’au sein des Assemblées Parlementaires, qui prévoit un scrutin à tour unique.

Le problème du Cameroun n’est pas tant entre le Sawa et le Nordiste, entre l’Anglophone et le Francophone, entre le Beti et le Bamileke; encore moins entre le Chrétien et le Musulman. Le problème du Cameroun réside dans le fossé sans cesse grandissant, entre ceux qui ont, ceux qui possèdent tout et n’ont eu de cesse d’accumuler, et ceux qui n’ont pas, ceux qui manquent de tout! Unis dans une nation intégrée, nous serons toujours plus forts pour affronter les défis du siècle présent, autant que ceux de ce monde globalisé en perpétuelle mutation.


incognito.fr)/n


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