› Eco et Business

Commercial Bank of Cameroon: La restructuration annoncée

La décision, prise depuis le 29 janvier, a été rendue publique le 07 février 2013 dernier

Le ministre Alamine Ousmane Mey en charge des finances, a décidé fin janvier de la restructuration de la Commercial Bank Cameroun (CBC), majoritairement détenue par le groupe Fotso, dont un des principaux responsables est aujourd’hui en détention dans le cadre d’une implication présumée dans des affaires de détournements. Le texte du Ministre des Finances (MINFI) ajoute que la restructuration de la CBC s’effectuera conformément au plan de restructuration approuvé par les actionnaires de ladite banque, lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue le 10 mai 2012. Le délai de mise en uvre du plan de restructuration, est fixé à trois mois à compter de la date de publication de l’arrêté. Le MINFI a déjà par ailleurs annoncé que pour soutenir le processus de redressement de la banque, le gouvernement exonèrera l’ensemble des actes devant y concourir, des droits de timbre, d’enregistrement ou de mutation. Un mystère demeure cependant sur le plan de restructuration, « en application de la réglementation sur le secret professionnel bancaire ». Le public et notamment les épargnants de cette banque, ne posséderont aucune informations sur les objectifs de la restructuration, qui est mise en uvre trois ans après la nomination d’un administrateur provisoire à la tête de cette institution financière. Logiquement, la restructuration d’une banque conduit à sa sauvegarde, si elle présente encore les conditions normales de son exploitation, mais elle peut aussi conduire à sa liquidation si la situation de la Banque est telle que rien n’est faisable. La décision prise par le ministre est très forte, car il prend sur lui le courage de faire ce que n’a pas fait son prédécesseur, Essimi Menye alors qu’il était ministre des finances. Difficile de savoir les conditions dans lesquelles le Ministre Ousmane Mey.

Qui va payer la note et qui va profiter ?
Le Système financier en Afrique centrale n’est pas assez inventif pour permettre à une banque de subsister à une grosse crise. Par ailleurs, le régulateur (COBAC), qui donne son aval doit encore faire face au défi de la compétence. Tout se passe comme si au sein de cette commission bancaire, on ignore que la restructuration d’une banque coûte cher au contribuable et à l’épargnant. Les restructurations successives des banques au Cameroun ces 20 dernières années, ont coûté près de 900 milliards de FCFA aux contribuables, sous le sacro-saint principe du secret bancaire. L’autre éventualité qui peut survenir est le démantèlement de la CBC. Un démantèlement qui peut trouver une justification sur deux points. Le premier est que durant l’époque où Abah Abah lui aussi en détention pour détournement présumé des fonds publics était ministre, la CBC s’était adjugée le portefeuille opérationnel de nombreuses entreprises et organismes parapublics. Récupérer les restes de ce marché serait une belle opportunité pour de nombreuses banques locales, notamment Afriland First Bank, dont le confortable bilan cache la difficulté qui pourrait être celle de répondre sur le court terme, à un retrait massif des capitaux. On se souvient que le ministre Mey a été conçurent de la CBC en qualité de DG d’Afriland First Bank. Il existe aussi une possibilité pour le gouvernement de revendre la banque à des étrangers, pour récupérer le différentiel qu’il a investi dans la CBC depuis sa mise en restructuration et dont le montant est inconnu. Au milieu de cette bataille de stratèges et de géants de la finance camerounaise, le petit épargnant pourrait une fois encore être lésé. En 2011, le Ministre Menye avait estimé à 60 milliards, la dette de la CBC. Une somme qu’il faudra rembourser à tout prix !

La restructuration de la CBC annoncée
À LA UNE
Retour en haut