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Communiqué de presse du Président National du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun, M. Pierre Mila Assouté

Le RDMC condamne et rejette la reprise d’Elecam sous l’autorité de l’administration territoriale pour organiser les elections

Monsieur Paul BIYA, président du Cameroun et une bande de courtisans, ont décidé à l’orée des présidentielles prochaines, d’interrompre de nouveau le processus démocratique de notre pays et de le précipiter dans un abîme sans fond. Elecam, organe électoral indépendant est placé depuis quelques jours sous l’autorité de l’administration territoriale. Un autre recul démocratique que nous condamnions et rejetions fermement avait conduit, il y a deux ans en février 2008, dans l’indifférence de la communauté internationale, au massacre de près de 200 Camerounais et trois mille arrestations parmi la jeunesse, lors du tripatouillage de notre constitution. Aucune enquête n’a établi à ce jour les responsabilités desdits massacres malgré les nombreuses revendications citoyennes des Camerounais. Le pouvoir de Yaoundé expose à nouveau qu’il n’a pas épuisé la panoplie des outils maléfiques qui lui servent à vicier à la base la liberté des consultations électorales dans notre pays.

Il est désormais manifeste que la caste de prévaricateurs de notre pays entend se maintenir au pouvoir par la force en reprenant en main le contrôle total du processus des élections. Le RDMC dénonce la rupture démocratique engagée par le pouvoir qui bloque toute possibilité pacifique, libre et transparente de conquête du suffrage universel. Elle appellera une rupture politique de même niveau. Le gouvernement vient de faire voter une loi qui rend dès à présent partisane et illégale toute élection qui se tiendrait au Cameroun. Cette loi conforte la mainmise totale de l’administration sur ELECAM. La crédibilité de cet organe était déjà gravement contestée dans sa composition monocolore réduite aux seuls membres du RDPC dont la soumission à l’exécutif est factuelle. Cette nouvelle disposition, fait d’ELECAM un instrument au service de l’exécutif que M. Paul BIYA contrôle entièrement.

Les chefs traditionnels du Cameroun, auxiliaires de l’administration, qui reçoivent des ordres hiérarchiques des préfets, concomitamment avec la mise sous séquestre d’ELECAM, viennent d’être convoqués à Yaoundé par le ministre de l’administration territoriale dont ils dépendent, pour y recevoir des instructions de soutenir la candidature de Monsieur BIYA et de dicter ce choix à leurs administrés en 2011. Que le ministre de tutelle des élections et des chefferies indigènes, agisse sous cape pour caporaliser l’autorité traditionnelle dans un « conseil national de fortune » au profit de la candidature de son patron -le premier du genre dans l’histoire de notre pays depuis 1960-, financé par le pouvoir, procède d’une mascarade à peine voilée qui ne trompe personne.

Le RDMC et son président Pierre Mila Assouté appellent le pouvoir de Yaoundé au ressaisissement immédiat et à la responsabilité. Ils rejettent toute soumission d’ELECAM au MINATD; Le RDMC est un parti démocratique qui croit au suffrage universel. Mais il n’exclura plus l’option de légitime défense, pour faire face à la personnalisation de la violence d’Etat contre le Peuple du Cameroun. Il prend acte du silence de l’Union Africaine et de la communauté internationale devant le drame camerounais et s’opposera par tous les moyens de son choix dès le 11 octobre 2011 à tout type de violence sur notre peuple ; la réalisation ainsi programmée par le pouvoir de Yaoundé d’un coup d’Etat électoral ou judiciaire qui s’organise, favorable au candidat du RDPC quel qu’il soit, en violation ostensible de la souveraineté du Peuple du Cameroun sera combattue par tous les moyens qu’offre la politique.

Il est important, pour comprendre la gravité de la situation qui prévaut, de revisiter un échantillon de la panoplie des obstacles jusqu’ici posés sur le chemin de la transparence électorale au Cameroun : en méconnaissance de l’article 48 (1) de la Constitution de 1996, 14ans plus tard, le Conseil constitutionnel à qui revient normalement la charge de veiller à la régularité des élections présidentielles, parlementaires et référendaires n’a toujours pas été mis en place ; les processus électoraux sont restés placés sous le contrôle d’instances administratives composées exclusivement de cadres du RDPC parti au pouvoir, dont la partialité a finalement conduit l’opinion publique nationale et internationale à réclamer la création d’un organe électoral réellement impartial et indépendant, d’où la naissance, moult fois différée et sous les pressions internationales, d’ELECAM (Elections Cameroon) ; ELECAM bien que créé est aussi exclusivement composé des cadres du RDPC, le même parti au pouvoir. C’est dire si ELECAM n’inspirait déjà aucune confiance au Peuple camerounais, aux partis politiques de l’opposition et aux observateurs internationaux.

Les Camerounais de l’étranger sont exclus des scrutins ainsi que des millions de Camerounais à l’intérieur du pays qui n’ont jamais accès aux inscriptions sur une liste électorale. Depuis plus de 2 ans, aucun Camerounais ne peut ni s’inscrire sur une liste électorale ni retirer sa carte, le processus étant paralysé par l’Etat qui attend la dernière minute de la convocation du corps électoral à se rendre aux urnes… Près de 200 Camerounais ont été barbarement massacrés et plus de trois mille autres arrêtés et embastillés en février 2008 à la faveur d’un tripatouillage constitutionnel. La modification unilatérale et brusque des articles 7 et 40 de la loi n° 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’Elections Cameroon enlève à ELECAM la maîtrise de son propre fonctionnement et de sa collaboration avec l’Administration, les partis politiques et la société civile. La société civile ne sera plus consultée qu’accessoirement, tandis que les partis politiques de l’opposition sont exclus d’un processus qui les concerne. Les magistrats et les fonctionnaires de l’Administration aux ordres du chef de l’exécutif, chef de la magistrature suprême qui les nomme, sont réintroduits en force dans les différentes commissions électorales pour obérer les résultats du scrutin le moment venu.

Le président national du RDMC, Pierre Mila Assouté
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La loi dispose que : Elections Cameroon bénéficie de la collaboration et des appuis sollicités par elle auprès des Administrations de l’Etat dans le cadre de l’exécution des missions qui lui sont assignées ». L’exécution de cette loi n’a jamais commencé qu’elle est déjà modifiée pour disposer que: «(L)es administrations de l’Etat apportent leur collaboration et leur appui à Election Cameroon dans le cadre de l’exécution des missions qui lui sont assignées. Le changement du libellé de cette disposition n’a rien d’innocent : L’Etat peut désormais faire, à sa guise, intrusion dans le processus électoral. Notre assemblée nationale en revenant sur cette loi, démontre qu’elle est devenue un repère de prébendiers autistes, incapables de s’affranchir de leur addiction aux fastes du pouvoir, pour se préoccuper de l’adoption de règles de jeu claires et acceptées par tous, condition nécessaire de la stabilité et de la prospérité de notre pays.

Pour le RDMC, le tripatouillage au grand jour du dispositif électoral ainsi orchestré marque une fiévreuse rupture démocratique qui va susciter une rupture institutionnelle. Le débat porté sur les règles électorales ne permettra pas longtemps au RDPC d’échapper aux questions sur le bilan de M. Paul BIYA à la tête de notre pays, sur son projet pour l’avenir du Cameroun où s’entassent le long des rues plus de 4 millions de jeunes chômeurs diplômés du supérieur désespérés et des paysans exaspérés depuis 27 ans de règne mensonger et criminogène. Le RDMC a publié chez l’harmattan à Paris, un projet alternatif pour la modernité du Cameroun et reste vainement dans l’attente du débat contradictoire. Le maintien ad vitae aeternam de Monsieur Paul BIYA à la tête de notre pays au-delà de 2011 par l’instrumentalisation des institutions de l’Etat à des fins personnelles et par la fraude comme unique projet pour le Cameroun n’aura pas lieu sans faire appel à la légitime défense. Un consensus avec les partis politiques, les experts, la société civile, en vue de parvenir, par un large consensus, à l’élaboration d’un dispositif électoral approprié qui conduise à des élections libres et transparentes est l’unique voie acceptable.

Le RDMC demande au président Paul BIYA lui-même, de faire preuve de sagesse et de surseoir à toute promulgation de la loi soumet ELECAM à l’autorité de son parti, inspirée par des insidieux instigateurs de la violence. Le RDMC informe dès à présent toute la communauté internationale et notamment les grandes puissances, les USA, la Russie, la France, l’Union Européenne, l’Union Africaine, qu’il assumera s’il le faut, toutes ses responsabilités sans plus rien attendre devant toute rupture démocratique scandaleuse susceptible d’entraîner le Cameroun dans la paralysie politique et les travers qui ont poussé la Guinée dans le désordre ou le Niger à la régulation militaire. Sous la houlette de Monsieur Pierre MILA ASSOUTE, notre parti se déclare ouvert, pour le plus grand bien de notre peuple, au dialogue concret et sincère susceptible de conduire aux seules élections libres et transparentes qui préserveront l’ordre constitutionnel et républicain.

Une conférence de presse sera donnée incessamment pour éclairer l’opinion.


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