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Communiqué de presse du réseau Gorée Tic

« Les populations d’Afrique de l’Ouest et du Centre n’ont toujours pas un accès à moindre coût aux services TIC et Télécoms »

Suite aux vagues successives des réformes des télécommunications ayant entraîné la volonté de mise en place des Fonds de Service Universel dans la plupart des pays africains, nombreuses sont les populations qui éprouvent encore d’énormes difficultés à profiter des avantages qu’offrent les services TIC et Télécommunications à moindre coût, dans leur vie quotidienne. Tel est le constat fait par « GOREeTIC », réseau de recherche et de plaidoyer sur les TIC pour le Développement en Afrique de l’Ouest et du Centre, lors d’un Atelier de restitution et de partage qui a eu lieu du 02 au 04 septembre 2009 à Douala. Cet atelier a servi de cadre aux membres du réseau pour présenter les résultats de leurs premiers travaux de recherche dont le thème portait sur le Financement du Fonds du Service universel dans six (06) pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre notamment au : Cameroun, Bénin, Congo, Mali, Niger et Sénégal.

La rencontre de Douala a permis de réunir l’ensemble des membres fondateurs de GOREeTIC, un an seulement après la création de ce réseau à Gorée, au Sénégal en juin 2008. Invités à cet atelier pour partager les résultats de cet important travail, les autorités compétentes, les opérateurs de télécommunications, les groupes de la société civile, les professionnels des médias. et bien d’autres représentants de groupes de pression, qui constituent les cibles de plaidoyers du réseau GOREeTIC, ont pu se rendre compte de la situation peu reluisante des télécommunications dans les six (06) pays cités en référence. Les Fonds d’accès/service universel qui devaient permettre le développement des télécommunications et l’amélioration de l’accès abordable du plus grand nombre aux services TIC et Télécommunications de base, ne sont pas utilisés à bon escient ou alors pas utilisés du tout.

Les résultats des recherches du réseau ont démontré que certains pays concernés par cette étude, présentent des textes prévoyant et définissant particulièrement le Service Universel mais, curieusement, tardent à déployer les services TIC et
Télécommunications dans les zones reculées. Absence de réelle volonté politique chez les gouvernants ou difficultés à mobiliser les ressources? En tous les cas, si dans certains pays, les opérateurs de télécommunications contribuent au Fonds par le versement d’un pourcentage prélevé sur leur chiffre d’affaires annuel Hors Taxes (4% au Niger, 3% au Sénégal et au Mali ; 2% au Cameroun), dans d’autres pays, le Fonds de Service Universel est encore inexistant.

Dans les pays où le mécanisme de mobilisation des ressources du Fonds est efficace, des problèmes se posent plutôt dans la gestion qui présente une certaine opacité. Les conséquences de ces situations troubles sont entièrement supportées par les populations qui ne peuvent bénéficier de l’apport des services TIC et télécommunications de base, pour améliorer leur qualité de vie : Les coûts des communications téléphoniques demeurent élevés, la couverture territoriale des signaux radios et télévision n’est pas totale, l’Internet à large bande est toujours un service pour les privilégiés, le financement des infrastructures n’est pas réel, le monopole des opérateurs historiques est encore effectif, les télé services tardent à être développés.et la transparence dans la fixation des prix est absente. Tant d’obstacles et de dysfonctionnements qui doivent rapidement trouver des solutions afin que les TIC et Télécommunications soient accessibles à toutes les couches sociales.et dopent la croissance économique des pays concernés. Plaidoyer pour un accès abordable et universel aux TIC ou favoriser un changement dans les actes de gouvernance.

Au vu de ce qui précède, les membres du réseau GOREeTIC, lancent un vibrant appel à toutes les parties prenantes (secteur public, secteur privé, société civile, associations de consommateurs, médias.) afin qu’elles souscrivent à ce combat qui est d’amener les pays qui n’ont pas encore opté pour la mise en place des Fonds de Service Universel, et ceux qui sont déjà avancés dans le processus, à réunir lesdits fonds, à les utiliser convenablement afin de réaliser les objectifs auxquels ils sont originellement destinés : investir dans les télécommunications rurales, permettre aux populations de l’intérieur d’accéder à moindre coût aux services de télécommunication de base; réduire, voire éradiquer la fracture sociale et numérique.

Il s’agit désormais pour le réseau GOREeTIC1, de sensibiliser les populations utilisatrices, les autorités compétentes nationales et sous régionales, les acteurs non-étatiques (ANE) et les bailleurs de fonds, sur les enjeux actuels de l’accès universel aux technologies numériques de communication en Afrique de l’Ouest et Centrale pour la bonne gouvernance et la communication citoyenne, et de renforcer le dialogue avec les décideurs publics et privés sur les questions relatives aux TIC et Télécommunications pour le développement dans la sous région ouest et centrale de l’Afrique. En un mot, mener un plaidoyer pour favoriser l’accès à moindre coût aux services TIC et Télécommunications pour le développement en Afrique de l’Ouest et du Centre.


www.goreetic.org)/n
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