Communiqué du Sdf à propos de la mission de régulation créée par décret

Par Joshua N. Osih, 2e Vice-Président National du Social democratic Front

Le Président de la République a signé le 1er février 2011 le décret N° 2011/019 portant création, organisation et fonctionnement de la Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de Grande Consommation, une structure d’alerte, d’achat, d’importation et de stockage des produits de grande consommation en vue d’un approvisionnement du marché dans les meilleures conditions.

Comme à son habitude, notre prospective sociale, économique et agricole avance à reculons, car quelques jours seulement après toutes les promesses faites et les espoirs nés du Comice Agro-Pastoral d’Ebolowa, comment comprendre cet acte du Chef de L’Etat si ce n’est pour des simples calculs politiques mal inspirés.

Le SDF est convaincu que cette mesure rétrograde vient de l’interprétation erronée des problèmes des Camerounais sur la base de ce qui s’est passé en février 2008 et influencée par ce qui se passe en Afrique en ce moment, notamment en Tunisie et en Egypte. Les Camerounais ont certes faim, mais cette famine c’est d’abord celle de la liberté, de l’égalité des chances pour tous, du travail, de la bonne gouvernance et de la croissance économique.

Au lieu de dialoguer avec le secteur privé, vache à lait de l’économie Camerounaise, le pouvoir veut le court-circuiter comme si faire des affaires dans un environnement aussi hostile que chez nous n’est pas déjà patriotique.

Plutôt que d’essayer de contrôler artificiellement les prix des produits de grande consommation en tuant à petit feu les commerces et les producteurs locaux, le Président de la République devrait s’attaquer au véritable problème du pouvoir d’achat des Camerounais ; notamment les bas salaires, le taux de chômage excessif chez les jeunes et les femmes, l’abandon de l’agriculture et de l’éducation adaptée aux besoins effectifs du marché et du développement de notre pays. Tout ceci découle de l’absence d’une politique économique cohérente, d’une planification économique et sociale ainsi que d’une vision prospective réaliste. Les maux qui minent notre économie sont connus de tous et publiés année après année par la Banque Mondiale dans son « Doing Business ».

Le Cameroun a besoin d’un secteur privé fort et soutenu, créateur d’emploi, de valeur ajoutée et de croissance et non d’une économie d’interventionnisme rétrograde à la solde de calcul politicien.

Il est certain que « la réponse du Chef de l’Etat » va fragiliser notre faible tissu agricole, commercial et industriel local. Devrons-nous nous attendre à un autre réajustement budgétaire pour pallier au manque à gagner fiscal ?

A l’époque de l’indépendance, le Président Ahidjo avait créé la SONAC avec plus ou moins les mêmes objectifs et l’avait justement fermé pour permettre l’émergence de l’autosuffisance alimentaire.

Aujourd’hui plus de 250 milliards de notre budget sont affectés à la gratification hors salaires injustifiée et injuste des individus dont le rendement n’est que la décroissance de notre économie et la souffrance continue et soutenue du peuple Camerounais, alors que cette somme peut relancer l’agriculture et le monde rural et nous permettre de contrôler notre souveraineté alimentaire.

La vérité c’est qu’à ce rythme, nous ne pourrons plus jamais produire ce que nous mangeons et encore moins manger ce que nous ne produisons pas.


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