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Conflit d’intérêts à la BDEAC, les péripéties d’un cadre camerounais

Arrêté puis mis en détention, Paul Gilles Nanda a été libéré hier jeudi après midi, mais aurait perdu son poste

Arrêté puis libéré six jours plus tard
Paul Gilles Nanda, 52 ans, a comparu brièvement hier jeudi devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Brazzaville, pour répondre des faits de « dénonciations calomnieuses et de diffamations ». Au cours d’une audience publique qui a duré moins d’une heure, Il n’a reconnu aucun des faits qui lui étaient reprochés. Ses avocats ont affirmé qu’Il ne s’agissait pas de l’abandon des poursuites, mais d’une liberté d’office. Son passeport lui a été rendu. La justice congolaise se serait appuyé sur l’immunité de fonction du camerounais qui disposait d’un statut diplomatique. Intervenant quelques instant sur les ondes de radio Equinoxe à Douala, il adonné sa version des faits. Certains ont pensé qu’ils pouvaient tirer quelque bénéfice en m’accusant de dénonciation calomnieuse. J’ai été limogé par la banque mais j’ai introduit un recours auprès des plus hautes autorités de la région et j’attends d’en connaître le résultat a-t-il dit.

Nanda, la victime d’une machination
Selon la presse brazzavilloise qui avait rapporté les faits, le camerounais aurait été sorti du taxi qui le ramenait chez lui et conduit de force devant les juridictions. Assez étonnamment, le magistrat a décidé d’incarcérer le diplomate camerounais à la maison d’arrêt de Brazzaville. Paul Gilles Nanda est pourtant cadre à la BDEAC depuis 29 ans et y occupait des hautes responsabilités. Selon ses proches, le camerounais serait victime d’un conflit d’intérêt qui se déroulerait au c ur de l’institution. Des sources proches de la banque attestent cette vision du problème. Selon certains, Nanda serait l’auteur d’un document qui a mis au grand jour la mauvaise gestion de la banque, preuves à l’appui. Lui-même l’a confirmé. « J’ai dénoncé des abus qui avaient cours à la banque, » affirme-t-il.

La BDEAC au c ur de nombreux scandales
Cet évènement est l’ultime épisode du long feuilleton de la crise que traverse la BDEAC, et toutes les institutions de la sous région Afrique centrale. Créée en 1975, la BDEAC regroupe les six Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad). Depuis quelques temps l’institution est dans la tourmente. Fin août, un quotidien autrichien, l’Oberösterreichische Nachrichten a révélé que la BDEAC avait perdu 16 millions d’euros dans l’affaire Madoff. Le journal a confirmé cette information selon laquelle des fonds avaient été placés auprès de l’agence parisienne de la Bank Austria. Celle-ci aurait investi les avoirs, sans prévenir son client, dans les fonds Madoff par l’intermédiaire d’une autre banque partenaire. Une situation attribuée au directeur de la BDEAC, Anicet-Georges Dologuélé, qui aurait agi pour ses intérêts et ceux de son entourage.

La gestion du centrafricain est au c ur de nombreuses critiques. Dans l’enquête où ont été révélés les détournement à la BEAC, le magazine Jeune Afrique s’est étonné de la légèreté avec laquelle la BDEAC avait accordé un prêt de 1,5 milliards de FCFA à une société dont les principaux actionnaires Armand Brice Ndzamba et Maurice Moutsinga, deux hauts responsables de la BEAC, étaient impliqués dans les détournements au bureau de Paris, mais surtout étaient, à l’époque du crédit, interdits d’exercice de toute activité commerciale selon les statuts de la Banque centrale.


www.bdeac.org)/n
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