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Conflits entre les deux Soudan: L’ONU lève le ton

L’organisation exige l’arrêt des affrontements et se montre inquiète des tensions qui augmentent entre les deux pays frères

Le Conseil de sécurité de l’ONU a «exigé», mardi 6 mars, l’arrêt des hostilités et des attaques menées dans les zones frontalières entre le Soudan et le Soudan du Sud. Les quinze pays membres du Conseil se sont aussi dit «extrêmement inquiets» des tensions grandissantes entre les deux pays, et exigent désormais que les deux parties cessent les opérations militaires dans les zones frontalières. Sur le terrain, les négociations semblent dans une impasse. Les deux parties ont une fois encore engagé, mardi, à Addis Abeba de nouvelles discussions sur leurs nombreux différends. Les discussions ont notamment porté sur le partage des revenus du pétrole qui sont au c ur des causes de ces affrontements, mais aussi sur la démarcation de la frontière et la définition de la nationalité, autres sujets de contentieux depuis la proclamation de l’indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011 dernier. Je ne crois pas qu’il y ait eu aucun développement positif depuis les précédentes négociations infructueuses tenues en janvier, à Addis Abeba, a déclaré à la presse le négociateur en chef pour le Soudan du Sud, Pagan Amum selon des informations rapportées par de nombreux médias.

Les négociations, qui doivent se poursuivre jusqu’au 16 mars, sont menées avec la médiation de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Les deux parties, qui se sont livrées des décennies de guerre civile avant les accords de paix en 2005 s’accusent mutuellement d’alimenter une rébellion l’un sur le sol de l’autre. Le Soudan du Sud a hérité des trois quarts de la production de brut du Soudan d’avant la sécession (soit environ 350 000 barils/jour), mais le nouvel Etat reste dépendant du Nord pour pouvoir vendre ce pétrole. Les deux parties ne sont pourtant pas parvenues à s’accorder sur les frais de passage. Dans le Soudan du nord, Khartoum exige de se faire payer en nature à raison d’une valeur de 36 dollars par barils. Une proposition que le sud Soudan ne veut pas entendre. Il propose environ 6 dollars US par baril. Face à la difficulté de s’accorder avec son voisin du nord, le Sud Soudan a décidé de signer en janvier un accord avec le Kenya, en vue de bâtir un oléoduc qui passerait par ce pays jusqu’au port de Lamu, sur l’océan Indien. Ce que Khartoum considère comme une violation des accords d’indépendance. La semaine dernière apprend-t-on, un champ pétrolier a été bombardé au sud Soudan qui accuse naturellement son voisin du nord, qui lui aussi dément. La résurgence des conflits entre les deux pays aurait déjà fait plusieurs centaines de morts dans la population civile. L’union africaine (UA) a invité les deux pays à montrer le degré nécessaire de compromis et de volonté de bon voisinage, afin de mener rapidement à leur terme les négociations sur toutes les questions en suspens.

Le négociateur en chef de l’UA pour le Soudan du Sud, Pagan Amum
gurtong.net)/n


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