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Contrat de désendettement et de développement: 118,2 milliards non consommés par le Cameroun

L’information a été donnée au cours d’une réunion du comité d’orientation de l’aide française au Cameroun

Causes des problèmes de capacité d’absorption des crédits
Au 28 février 2011, le solde du compte de placement auprès de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) s’élevait à 118,2 milliards FCFA, soit 33% du total des fonds du Contrat de désendettement et de développement (C2D). Ce mercredi 23 mars 2011, l’ambassadeur de France au Cameroun semble déçu par la manière dont les autorités camerounaises ont utilisé les ressources issues du C2D. Ce sont autant de milliards en attente d’être injectés dans l’économie camerounaise, déplore Bruno Gain qui ne cache pas son mécontentement. Le diplomate français n’arrive pas à comprendre les raisons de la non-consommation de cette enveloppe assez importante. La partie camerounaise, mise en difficulté, tente cahin-caha de trouver des justifications. Elle fait ainsi valoir que les dépenses ont été engagé pour 346 milliards sur les 352 milliards disponibles dans ce C2D dit de première génération. Soit un taux d’exécution de 98% qui, d’après le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), montre simplement que les paiements sont en cours puisque les dépenses sont déjà engagées. Bruno Gain profite de l’occasion pour faire état des causes de ces problèmes de capacité d’absorption des crédits, telles qu’identifiées par leurs multiples études. Il s’agit du mode de passation des marchés, la programmation des marchés, le fonctionnement des cellules de suivi, les besoins de renforcement des capacités des maitres d’ouvrages dans l’élaboration des dossiers d’appel d’offres.

Principe d’accélération du rythme de consommation
Dans le cadre du second C2D dit de seconde génération, les deux parties s’accordent sur le principe d’accélération du rythme de consommation de ce C2D qui aura une dotation de 213,8 milliards. Ce C2D, convient-il de le préciser, sera prioritairement orienté vers le secteur rural et agricole à la demande du gouvernement. Quelques projets liés à l’éducation y ont été glissés par la France comme dans la C2D de la première génération. Ce problème de la non-consommation de 118,2 milliards est la seule pomme de discorde entre la France et le Cameroun. Pour le reste, c’est un satisfécit quasi-généralisé. En effet, pour ce qui est du bilan, tous les acteurs s’accordent sur le principe même du C2D et de son impact dans la vie socioéconomique des camerounais. Bruno Gain fait ainsi observer que, malgré la crise financière, internationale, les engagements contractuels tant coté camerounais que coté français ont été strictement tenus. La partie camerounaise a scrupuleusement respecté ses obligations en termes d’échéances et les versements coté français ont été réguliers, avoue le diplomate. Même son de cloche du côté camerounais. Le ministre des Finances (MINFI) fait remarquer qu’après avoir connu d’importants retards dans la phase de lancement de ses activités dans certains volets, le programme C2D connait un exécution globalement satisfaisante dans sa mise en uvre, d’autant plus que certains secteurs restés en veilleuse connaissent une reprise d’activités.

Définition du C2D
Le contrat de désendettement et de développement est un mécanisme additionnel d’allègement de la dette mis en place par la France au bénéfice du Cameroun, dans le cadre global de l’initiative PPTE (Pays pauvre très endetté). Pour atteindre cette ambition prométhéenne, le Cameroun s’est doté d’un puissant guide, à savoir le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), cadre de référence de l’action gouvernementale, et aiguillon, de la ventilation des ressources inscrites dans le second C2D, comme l’indique la déclaration de Paris, qui veut que les donateurs de l’aide au développement se conforment aux priorités définies par les pays bénéficiaires. Cette réunion du comité d’orientation et de suivi avait surtout pour objectif de permettre, l’évaluation des performances d’exécution ainsi que l’arrêt d’une vision commune pour les activités du C2D de seconde génération en cours de préparation. Plusieurs membres du gouvernement se sont retrouvés autour de l’ambassadeur de France, et de Louis Paul Motaze, le MINEPAT, tous deux co-présidents du comité d’orientation et de suivi du contrat de désendettement et de développement (COS-C2D).

Se Bruno Gain, Ambassadeur de France au Cameroun
Journalducameroun.com)/n


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