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Coopération sino-camerounaise et insécurité en couverture des journaux à Yaoundé

Les derniers fruits de la coopération avec la Chine, le retour du phénomène des coupeurs de route dans le septentrion et la crise anglophone constituent l’essentiel du menu des journaux camerounais parus lundi.La coopération entre le Cameroun et la Chine vient de connaître un nouveau tournant, affiche le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, un optimisme justifié par l’audience, en fin de semaine, accordée par le président Paul Biya au représentant spécial du président Xi Jinping, membre du bureau politique du Comité central du parti communiste chinois (PCC), par ailleurs directeur du bureau de la Commission des affaires étrangères de ladite formation, Yang Jiechi, qui a annoncé l’allégement de la dette sans intérêt du Cameroun envers son pays à l’échéance fin 2018.

Sous le titre «Yaoundé-Beijing : le virage chinois», Mutations constate que l’Empire du milieu est plus accommodant avec ses partenaires sous-développés, contrairement aux pays occidentaux, mais aussi aux bailleurs de fonds qui conditionnent de plus en plus leurs prêts au respect de la démocratie et des droits de l’homme.

Mais de combien se monte exactement l’ampleur des créances annulées en faveur du Cameroun ? Pour L’Indépendant, The Post et La Voix du Centre, c’est 3000 milliards FCFA.

Yaoundé bénéficie d’une annulation de sa dette de l’ordre de 45 milliards FCFA sur une enveloppe totale de 3282 milliards FCFA, corrige Mutations, notant que le Cameroun semble se sentir plus à l’aise avec le type d’interlocuteurs que sont les Chinois, moins regardants sur la gouvernance et les libertés fondamentales.

Et c’est le moment, renchérit Intégration, que choisissent les États-Unis pour mettre la pression sur le pouvoir de Yaoundé : dans sa nouvelle politique africaine, Washington se positionne comme une alternative à Pékin, qualifié de «mauvais partenaire» pour le continent au moment où le secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines est, justement, annoncé dans la sous-région et que Yaoundé affiche sa préférence pour la Chine.

On pourrait alors croire à un ciel sans nuages entre la Chine et le Cameroun, que non ! réplique Repères : au cours d’une visite au Cameroun, en novembre 2017, du vice-ministre chinois du commerce, Yu Jianhu, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire a reconnu de le pays ne respectait pas toujours les clauses contractuelles dans le cadre des mécanismes de remboursement des prêts dédiés à certains projets.

«Le Cameroun fait la dure expérience de ce que la Chine met un point d’honneur à la gestion de ses fonds, surtout en ce qui concerne le respect des échéanciers de remboursement. Une situation qui dénote une fois de plus de la mal gouvernance qui caractérise la gestion de la chose publique et les pesanteurs administratives qui vont avec.»

Et de rappeler que la remise de la dette du Cameroun vis-à-vis de la Chine, qui n’est pas la première, fait partie d’un protocole d’accord conclu en décembre 2005 entre les deux pays, et porte sur une annulation des dettes du Cameroun estimées à 15.360 milliards FCFA sur plusieurs années.

De gros chiffres, du moins virtuellement, s’affichent également dans les colonnes d’EcoMatin, qui révèle que la Commission nigériane pour les crimes économiques et financiers enquête actuellement chez le voisin camerounais, à la recherche de plusieurs de ses ressortissants auteurs de forfaits se chiffrant en milliards de francs, qui se sont installés et ont investi de l’autre côté de la frontière pour échapper à la justice de leur pays.

Des enquêtes, sous la forme d’audits, Le Financier d’Afrique en annonce aussi dans le secteur très fermé des mines, où la fraude et les réseaux parallèles font perdre des milliards de francs aux caisses de l’État.

Mais pour Cameroon Tribune, Essingan, Le Jour, L’œil du Sahel, The Guardian Post ou encore Repères, le sujet majeur demeure l’insécurité rampante en zone anglophone et dans le septentrion, objet d’une bonne partie de l’allocution présidentielle, vendredi dernier à l’occasion de la cérémonie de triomphe de la 36ème promotion de l’École militaire interarmées (EMIA).

«Sécurité de l’État : Paul Biya ouvre le front de l’Adamaoua», annonce la seconde publication citée, expliquant que le président de la République a promis d’éradiquer le phénomène des prises d’otages qui, selon Défis Actuels, s’est soldé, entre 2015 et 2018, par 311 cas d’enlèvements dont 70 personnes exécutées par leurs ravisseurs, 29 libérées par les forces de défense et les comités de vigilance, pour plus de 2 milliards FCFA de rançons payés pour la libération de 212 autres.

Paul Biya, dans son discours, a donc répondu aux inquiétudes des élites de l’Adamaoua, se félicite L’œil du Sahel quand Le Jour, lui, évoque une riposte à venir contre les bandits de grand chemin.

La situation dans la région de l’Adamaoua nécessite une attention soutenue, plaide Repères : les populations, et tout particulièrement les éleveurs, y sont victimes de groupes criminels spécialisés dans les enlèvements.

Et le chef de l’État ne se préoccupe pas seulement du septentrion, la situation dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ayant également marqué son discours devant les jeunes officiers lorsque, selon The Post, il a appelé les jeunes s’étant laissé entraîner dans l’aventure sécessionniste à rendre les armes pour contribuer au développement du pays.

«Paul Biya promet de restaurer la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest», titre The Scoop cependant que, pour The Guardian Post, il s’agissait du dernier ultimatum présidentiel aux fauteurs de guerre anglophones.

Paul Biya fait fausse route, répond en écho L’Avenir : pendant qu’il ordonne la libération à doses homéopathiques des prisonniers anglophones, entre la cessation unilatérale du dialogue, le déficit de décentralisation, la création d’un Comité de désarmement non consenti par les acteurs en conflit et la brutalité militaire planifiée, le gouvernement continue de souffler sur des braises au risque de voir la crise anglophone s’étendre dans le reste du pays.

«Pour une véritable voie de sortie de cette crise qui n’a que trop duré, Monsieur le président, de grâce, arrêtez cette sale guerre, libérez les leaders sécessionnistes et ouvrez le dialogue», plaide The Voice.

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