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COP22: Ban Ki-moon « espère » que Trump comprendra l’urgence climatique

Le secrétaire général de l’Onu s’est exprimé en marge de la rencontre qui regroupe près de 180 responsables des pays signataires de l’accord de Paris mardi et mercredi à Marrakech

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exprimé son « espoir » que le futur président américain Donald Trump « comprenne l’urgence » de l’action contre le réchauffement, à la conférence climat de Marrakech où sont attendus mardi plusieurs dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement.

« Notre espoir est que le président nouvellement élu, M. Trump, entende et comprenne le sérieux et l’urgence de l’action climatique », a dit à la presse M. Ban, « convaincu » que le futur président « prendra une décision sage ».

Près de 180 responsables – chefs d’Etat et ministres – des pays signataires de l’accord de Paris viennent mardi et mercredi à la tribune de la 22e conférence climat de l’ONU, une semaine après l’élection de Donald Trump.

« Nous attendons qu’ils rappellent qu’ils sont prêts à continuer l’action et à l’accélérer, et qu’ils envoient un message fort à Trump et au reste du monde », a déclaré Célia Gautier, du Réseau Action Climat (900 ONG).

Sont attendus mardi une cinquantaine de dirigeants, chefs d’Etat et de gouvernement, dont le roi du Maroc Mohammed VI, le président français François Hollande, la présidente chilienne Michelle Bachelet ou encore l’émir du Koweit, et de très nombreux leaders africains.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry prononcera mercredi un « discours soulignant l’urgence de l’action climatique », selon le négociateur des Etats-Unis Jonathan Pershing.

Il est « peut-être encore plus important » d’être à Marrakech maintenant, avait dit M. Kerry, après l’élection de Trump à la tête du 2e pollueur mondial.

Le magnat new-yorkais, qui pendant sa campagne avait qualifié le réchauffement de « canular » et de complot chinois, puis promis d' »annuler » l’accord de Paris et de relancer la production américaine de charbon, n’a encore rien dit sur ce thème depuis son élection.

M. Pershing a dit ignorer quand l’équipe chargée d’assurer la transition dans les prochaines semaines allait arriver.

« Ce que je sais en revanche, c’est (…) la puissance du mouvement (pour le climat) et l’élan énorme créé à Paris », a-t-il dit à la presse lundi, « convaincu » que cet « effort mondial va perdurer », quels que soient les gouvernants.

« Question de survie »
L’élection surprise de Donald Trump, au 2e jour de la COP22, a plongé dans la stupeur les participants, qui attendent de voir ce que le républicain compte faire.

A ce stade 109 Etats, dont les Etats-Unis, l’UE, l’Inde, le Japon, ont ratifié l’accord qui a vu la communauté internationale s’engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, sources du dérèglement. Une dizaine l’ont fait depuis l’élection de Trump, dont l’Australie.

Parmi les grands émetteurs, la Russie manque encore à l’appel.

Lundi à la COP22, le négociateur chinois Xie Zhenhua, a de nouveau rappelé l’engagement de son pays: « Répondre au défi du changement climatique est notre responsabilité commune et partagée ».

Premier émetteur mondial, la Chine a, en lien avec les Etats-Unis de Barack Obama, largement contribué à permettre l’accord de Paris, et est aujourd’hui le premier investisseur dans les énergies renouvelables.

« Je pense qu’en tant qu’homme d’affaires avisé (Donald Trump) comprend que les forces du marché sont déjà à l’ uvre dans ce dossier », a d’ailleurs souligné M. Ban mardi.

Le responsable de l’ONU a aussi appelé les autres pays à ratifier l’accord, et l’ensemble des Etats à accroître leurs ambitions en matière de réduction des gaz à effet de serre, à ce stade insuffisantes.

La communauté internationale s’est engagée à limiter sous 2° la hausse du réchauffement, prometteur, au-delà, d’impacts désastreux et irréversibles pour les hommes comme pour les écosystèmes.

A Marrakech jusqu’à vendredi, les délégations tentent d’avancer sur les procédures permettant de suivre et renforcer les engagements nationaux.

Pays développés et en développement doivent en outre s’accorder sur la « feuille de route » garantissant que les premiers verseront bien aux seconds l’aide promise pour soutenir leurs politiques climatiques.

« Les financements climatiques sont une question de survie pour nous », a redit lundi le président du groupe des pays les moins avancés, Tosi Mpanu-Mpanu.

Sur ce point aussi, les chefs d’Etat et de gouvernement seront attendus pendant ces deux jours.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à la Conférence sur le climat de Marrakech le 14 novembre 2016.
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