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Copenhague 2009 : Le début c’est aujourd’hui

Le Cameroun, s’alignant sur la position africaine, espère que les promesses des plus gros pollueurs de la planète seront tenues

Tous à Copenhague
Les premières négociations engagées au sommet sur le climat de Copenhague, se sont ouvertes aujourd’hui. Symbolique du problème, un ours en glace a accueilli les premiers participants mais à la fin du sommet, dans onze jours, il ne sera plus qu’un squelette en bronze. Une manière que les associations écologistes ont utilisée pour souligner que le temps presse. Avant même de débuter, le sommet a déjà obtenu une première victoire, celle de la mobilisation. Même le pape Benoit XVI s’est prononcé sur la question.

Dans cette perspective, pour garantir le plein succès de la conférence, j’invite toutes les personnes de bonne volonté à respecter les lois placées par Dieu dans la nature, et à redécouvrir la dimension morale de la vie humaine.
Benoit XVI

Malgré l’impression de lenteur que peut donner l’observation au jour le jour des discussions sur le climat, celle-ci ont rapidement avancé, en moins de vingt ans. En 1992, la Convention sur les changements climatiques a officialisé l’importance du problème. En 1997, le protocole de Kyoto a posé la responsabilité des pays développés en les engageant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En 2001, le traité a tenu face à l’opposition des Etats-Unis. En 2007, à Bali, les pays du Sud ont ouvert la porte à leur propre engagement ultérieur. 2009 semble être un point d’arrêt. La conférence de Copenhague s’ouvre sous le signe de deux décalages. D’une part, celui entre les engagements des pays et ceux que recommande la communauté scientifique, réunie dans le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Alors que celui-ci indique que, pour limiter le réchauffement planétaire à 2 °C en 2050, il faudrait réduire de 50 % les émissions mondiales, les engagements concrets sont très en deçà de cette perspective. Au contraire, les émissions ont augmenté, depuis 2000, plus rapidement que jamais auparavant, à 3,4 % par an.

L’Afrique unie autour de l’idée de compensation financière
Il y a d’autre part le décalage entre la responsabilité peu disputée des pays du Nord et leur incapacité à maîtriser leurs émissions. Seuls quelques pays européens ont réussi à respecter réellement les engagements de Kyoto, tandis que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie les ont largement dépassés. Cela explique la radicalisation des pays en développement, réunis au sein du groupe dit des 77, au rang desquels l’Afrique.

L’Afrique n’est pas prête à signer n’importe quel accord tant que nos revendications et nos exigences ne sont pas prises en compte.
Djibo Leyti Kâ, le ministre sénégalais de l’Environnement

En novembre dernier, lors d’une rencontre internationale à Adis Abbeba, en Ethiopie, les chefs d’Etat africains s’étaient mis d’accord sur les questions clés à aborder lors de ce sommet. Les objectifs à atteindre sont, dans les prochaines années, l’atténuation des changements climatiques, l’adaptation de l’Afrique aux changements climatiques, le transfert des technologies, le renforcement des capacités des pays africains, et le financement. Seulement, les experts pensent que c’est très mal embarqué. Ils voient mal comment ce que l’occident a refusé à Kyoto, ils l’accepteront aujourd’hui. Surtout que la négociation ne peut plus s’envisager sous le seul prisme de l’opposition Nord-Sud.


www.alliance-technologies.net)/n

Les données du problème ont évolué
Plusieurs raisons soutiennent cet argument. D’abord, parce que le but du sommet n’est pas de désigner un vainqueur, mais plutôt de répartir équitablement un ensemble d’effort pour des nuisances auxquelles aucun pays n’échappera. Ensuite, parce que la rapide croissance des grands pays émergents fait que plusieurs de ceux-ci (Chine, Inde, Brésil) sont devenus des émetteurs massifs de gaz à effet de serre, équilibrant par là même les responsabilités entre le nord et le sud. Deux autres données d’une importance non négligeable ont eu leur dose d’influence. La première est que la contestation grandit contre les mécanismes de marché prévus par le protocole de Kyoto, notamment les mécanismes pour le développement propre(MDP), qui ont enrichi l’occident et dégradé un peu plus l’Afrique. Ensuite, le mouvement écologiste, qui a toujours influencé la négociation climatique, évolue lui aussi dans son analyse : pour la première fois, il soulignera l’importance des politiques sociales menées au sein même des pays, en mettant en avant le concept de « justice climatique » conduisant à la « justice sociale ».
Dans 11 jours le monde sera fixé. Le protocole de Kyoto expire en 2013, et déjà la plupart des pays participants ont renoncé à l’espoir de parvenir à Copenhague à un traité énonçant des objectifs contraignants sur la réduction des émissions de Gaz à effet de serre et l’aide aux pays pauvres, mais tous espèrent pouvoir en attendant, conclure un accord politique.


G. Nicolet / Bios)/n
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