Politique › Institutionnel

Corruption : Encore des efforts à fournir pour le Cameroun

Un récent rapport de l’ONG Transparency International classe le pays à la 34ème place des pays les plus corrompus

Le Cameroun bien classé au bas de tableau
Mardi 17 novembre dernier, l’ONG Transparency International a procédé au lancement de son Indice de Perception de la Corruption à travers le monde. Au Cameroun, la cérémonie a été présidée par le représentant local de l’Organisation Non Gouvernementale, Maitre Charles Nguini qui rencontrait pour la circonstance, la presse nationale et internationale. Au terme de cette rencontre il ressort d’après les méthodes de travail de Transparency International, que le Cameroun sur un ensemble de 180 pays, occupe la 146ème place. Le reste de l’entretien a porté principalement sur la présentation de la méthode de travail qui a conduit à ces résultats. Les observateurs trouvent cette position peu encourageante et même en légère régression. Le Cameroun n’occupe certes plus la place de premier obtenu en 1997 et 1998, mais sur un plan purement absolu, le pays reste toujours très corrompu.

Les efforts du gouvernement encouragés
Les nombreux efforts du gouvernement pour lutter contre la corruption tardent encore à produire les résultats attendus. De manière générale, il n’y a pas d’évolution au Cameroun dans la lutte contre la corruption depuis dix ans, parce que les réformes sont insuffisamment perçues par ceux que nous interrogeons. Le gouvernement prend quelques mesures, mais l’impact sur les populations n’est pas réel. C’est un problème qu’il faut prendre à bras le corps, a souligné Me Charles Nguini. Cette réflexion est aussi admise dans un rapport de l’Organisation Non Gouvernementale américaine Global Integrity Commons, qui milite en faveur de la bonne gouvernance à travers le monde. S’appuyant sur les travaux d’une ONG camerounaise de lutte anti-corruption « Voies Nouvelles », et sur la base d’une méthodologie propre, ils sont parvenu à la conclusion que sur le plan de la mise en place des cadres juridiques et institutionnels, le pays fait carton plein, avec 100/100.

La participation de la société civile mieux tolérée
Plusieurs indices justifient cette notation. Le nouveau code de procédure pénal est une marque de la volonté des autorités de réduire la corruption dans la justice criminelle par la clarification de ses dispositions. On peut aussi relever que durant les deux années écoulées, à l’exception de quelques journalistes interrogés pour leur publications dans la cadre de l’affaire de l’avion présidentiel, peu d’acteurs civils de lutte contre la corruption (Journalistes et Organisation de la Société Civile) ont été inquiétés par les autorités pour l’exercice de leurs activités. Mieux, l’une d’elle (l’ADDIC) a permis de démanteler un vaste réseau de corruption au ministère camerounais en charge de l’agriculture. Aussi relevée, la liberté de ton permise dans la presse sur le sujet de la corruption. Dans un pays où le moindre secrétaire d’Etat est nommé ¨excellence¨ et où les médias impertinents sont susceptibles de représailles, dénoncer le « vol » de milliards de francs CFA par d’anciens protégés du chef de l’Etat, relève désormais de l’acceptable. Ces améliorations récentes viennent s’ajouter aux nombreuses agences et institutions de lutte contre la corruption, que le gouvernement crée depuis dix ans.

Des efforts à améliorer
Malgré ces efforts pourtant, la corruption continue d’exister. Le pays selon Transparency International (TI) est le 34ème pays le plus corrompu, et pour le Global Integrity Commons, le Cameroun se voit attribué une note de 53/100, juste au dessus de la moyenne. L’analyse menée par le Global Integrity Commons intéresse de nombreux observateurs. Elle a l’avantage de délaisser la corruption dans le cadre des affaires, pour s’appliquer à sa forme la plus vicieuse, celle relevant du domaine politique. Si on veut établir un parallèle avec le rapport de Transparency international, c’est le domaine où l’Indice de Perception de corruption atteint son intervalle de confiance le plus bas (1,9), c’est-à-dire l’indice des pays les plus corrompus. Autre forme d’inefficacité de lutte contre la corruption, l’absence de clarté dans la gestion du patrimoine national (bois, pétrole, minerais solide) et des budgets du pays tout comme des collectivités locales. La mise sur pied d’ELECAM reste très controversée, l’article 66 de la constitution sur la déclaration des biens reste inopérant et la gestion de l’endettement du pays que rembourse pourtant le contribuable camerounais reste flou.

Charles Nguini, Transparency International
Journalducameroun.com)/n
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