› International

Côte d’Ivoire: Inculpation de douze proches de Laurent Gbagbo

Ils ont été arrêtés pour atteinte à la sûreté de l’Etat

La justice ivoirienne n’a pas encore fini avec le camp de l’ex président Laurent Gbagbo. Le chef de son parti et 11 personnalités ont été inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat et placés en détention préventive, au moment où le président Alassane Ouattara dit tendre la main aux vaincus de la crise post-électorale. Près de 40 personnes sont désormais inculpées et détenues dans les rangs du régime déchu le 11 avril. Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, le fils de Laurent Gbagbo, le Franco-Ivoirien Michel Gbagbo, et cinq autres personnes en résidence surveillée à Bouna (nord-est) ont été inculpés ces derniers jours, a déclaré Noël Djè, porte-parole par intérim du parquet d’Abidjan. Cinq personnes assignées à résidence à Katiola (centre), dont l’ex-chef des femmes patriotes pro-Gbagbo, Geneviève Bro Grébé, et l’ancien ministre Jean-Jacques Béchio, ont été inculpées le mardi 9 août. Désormais en détention préventive sur les mêmes sites, les 12 inculpés sont notamment accusés d’atteinte à la défense nationale, de complot contre l’autorité de l’Etat, constitution de bandes armées, participation à un mouvement insurrectionnel et rébellion, a précisé M. Djè. Vingt-six pro-Gbagbo avaient déjà été inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat ou d’infractions économiques et sont détenus pour la plupart à Boundiali (nord). Parmi eux figurent l’ancien Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo et plusieurs ex-ministres.

Laurent Gbagbo et son épouse Simone restent en résidence surveillée, l’un à Korhogo (nord) et l’autre à Odienné (nord-ouest). Arrêtés le 11 avril à Abidjan par les forces pro-Ouattara, appuyées par la France, après deux semaines de guerre, ils n’ont toujours pas été inculpés. Pour être poursuivi, M. Gbagbo doit voir levée son immunité de membre de droit du Conseil constitutionnel, que lui donne son statut d’ancien chef de l’Etat. Le Conseil est dirigé depuis fin juillet par un allié de M. Ouattara, le vétéran de la classe politique et juriste Francis Wodié. Les enquêtes préliminaires sur les crimes de sang commis durant la crise continuent et le pouvoir compte sur une inculpation à terme de l’ancien président par la Cour pénale internationale (CPI), à qui il a demandé d’enquêter. Ces nouvelles inculpations surviennent après le 51e anniversaire de l’indépendance au cours duquel Alassane Ouattara a tendu la main ce week-end au camp Gbagbo, spécialement aux exilés au Ghana. Leur place est avec nous, a-t-il assuré, plaidant pour une Côte d’Ivoire réconciliée et rassemblée. Mais les intéressés ont de nouveau posé comme préalable la libération de leurs compagnons, certains mettant en doute la bonne foi de M. Ouattara. Le camp Gbagbo et des ONG internationales ont plusieurs fois dénoncé ou redouté une justice des vainqueurs sous le nouveau président, qui a cependant promis la fin de l’impunité.

Selon certaines ONG et l’ONU, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis par les deux camps durant la crise mais aucune personnalité pro-Ouattara, aucun combattant de son bord, n’a été inquiété. Plusieurs militaires loyaux au régime Gbagbo ont à l’inverse été arrêtés. La justice ivoirienne a enfin lancé des mandats d’arrêt internationaux, visant notamment Charles Blé Goudé, figure de proue de l’ancien pouvoir et chef des jeunes patriotes pro-Gbagbo.

Des proches de Laurent Gbagbo arrêtés, l’ancien président est en résidence surveillée
Journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé