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Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo exige le départ de l’Onu et de la France

Laurent Gbagbo a exigé samedi le départ des 10.000 Casques bleus et des 900 soldats français présents dans le pays

Les Casques bleus chassés de Côte d’Ivoire? Laurent Gbagbo a franchi un cap samedi dans sa confrontation avec la communauté internationale, en demandant le départ «immédiat» de la mission de l’ONU dans le pays, l’Onuci, et de la force militaire française Licorne.

«Le gouvernement ivoirien considère que l’Onuci a largement failli à sa mission en posant des actes qui ne sont pas conformes à son mandat (et) a fait preuve d’ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire, accuse le communiqué de son gouvernement lu à la télévision d’État. Le président de la République de Côte d’Ivoire vient de demander le départ immédiat du territoire ivoirien de l’Onuci et des forces françaises qui la soutiennent.» « Cela implique, précise le texte, que le gouvernement ivoirien s’oppose d’ores et déjà au renouvellement de cette opération qui expire le 20 décembre 2010».

L’opération onusienne compte quelque 10.000 Casques bleus dans le pays. Vendredi soir à Abidjan, leur base a été la cible de tirs de la part d’hommes masqués portant des uniformes militaires. Quant à la force de l’ex-puissance coloniale française, Licorne, elle compte environ 900 hommes. Ils sont chargés, en cas de besoin, d’organiser l’évacuation des 15.000 Français expatriés en Côte d’Ivoire.

Autre signe du durcissement du camp Gbagbo, les déclarations du leader de ses jeunes partisans, Charles Blé Goudé, nommé ministre de la Jeunesse par le président autoproclamé. «Nous allons défendre la dignité et la souveraineté de notre pays jusqu’à la dernière goutte de notre sueur», a déclaré celui qui fut le fer de lance de violentes manifestations anti-françaises en 2003 et 2004 – et reste à ce titre soumis à des sanctions de l’ONU. «Je demande à tous les Ivoiriens de s’apprêter à livrer ce combat, on va libérer totalement notre pays». Un rassemblement des «jeunes patriotes» doit se tenir samedi après-midi dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon, à Abidjan. Le conflit entre les partisans d’Alassane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, et Laurent Gbagbo a déjà dégénéré dans les rues de la capitale économique jeudi, faisant près de 30 morts.

L’ONU comme la France ont demandé au chef de l’État sortant de quitter le pouvoir au plus vite. Avec les États-Unis, Paris et l’Union européenne menacent de prendre des sanctions contre Laurent Gbagbo, son entourage et leurs familles, s’il n’abandonne pas le pouvoir dans les jours qui viennent. Le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a également «remis» à Laurent Gbagbo une lettre lui demandant de quitter le pouvoir, de la part de Goodluck Jonathan, chef de l’État nigérian et président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). «Cette lettre réitère la détermination de la Cédéao (…) à ce que le président transmette immédiatement le pouvoir au président élu Ouattara et évite le retour imminent d’un conflit sanglant et inutile», a expliqué le ministre nigérian des Affaires étrangères.

Alassane Ouattara et son premier ministre Guillaume Soro « impuissants » face aux évènements
Journalducameroun.com)/n
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