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Côte d’ivoire: Toujours pas d’issue en vue sur la crise politico institutionnelle

Laurent Gbagbo continue de revendiquer sa légitimité alors que de nombreux pays accentuent la pression

Le paradoxe de la situation
Depuis la décision du conseil constitutionnel d’invalider la victoire proclamée d’Alassane Ouattara et de donner Gbagbo vainqueur des dernières présidentielles en Côte d’ Ivoire (CI), les jours se suivent et se ressemblent à Abidjan. En réalité la situation est d’autant plus inquiétante que la communication entre les deux camps est aujourd’hui rompu. Abidjan est divisé en deux, une partie qui semble soutenir Gbagbo et l’autre Ouattara. En l’absence de média indépendant, l’une ou l’autre des parties est fortement influencée par les communications qu’elle reçoit, ce qui est très dangereux parce qu’à mon avis, aucun dialogue ne peut être envisagé dans cette situation, nous a fait savoir Moussa Abdou, un camerounais à qui l’entreprise basée à Abidjan lui a prescrit de rentrer dans son pays par « Précaution ». Alassane Ouattara, dont l’élection a été reconnue par la communauté internationale, a demandé aux ivoiriens de « cesser les activités » en Côte d’Ivoire à compter de ce lundi 27 décembre, « jusqu’au départ du pouvoir de Laurent Gbagbo », selon des informations rapportées par des sources médiatiques à Abidjan. Un appel est soutenu par une coalition de partis politiques proche de Ouattara et qui fait suite à « un appel à la désobéissance » lancé par Guillaume Soro le 21 décembre mais qui n’avait pas été suivi d’effet à Abidjan, la capitale économique du pays. Selon de nombreux observateurs, l’appel pourrait ne pas être suivi. La théorie du complot présenté par Laurent Gbagbo semble fonctionner sur de nombreux abidjanais. C’est dans ce contexte que la pression se fait de plus en plus forte sur Laurent Gbagbo, qui bénéficie quand même de la sympathie de nombreux citoyens en Afrique, comprenant son combat. Un de ses avions a été saisi par le gouvernement français en Suisse.

Les positions plus que jamais tranchées
Les pays de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest on fait savoir qu’ils ne souhaitaient aucun compromis avec Gbagbo qui doit « quitter » le pouvoir en Côte d’Ivoire où aucun gouvernement d’union nationale n’est envisageable, a déclaré vendredi le chef de la diplomatie nigériane. Nous sommes déterminés à voir Gbagbo quitter le pouvoir, a souligné le ministre nigérian, dont le pays assure la présidence tournante de l’organisation sous-régionale. Intervenant ce lundi 27 décembre 2010 sur le sujet, le ministre français de la Défense, Alain Juppé a fait savoir que la France était préoccupée, pourtant jusqu’ici, aucun acte de représailles n’a été commis sur un français ou tout autre étranger à Abidjan, Cette vigilance est nécessaire parce que ça peut déraper, a dit le ministre de la Défense sur une radio française. Le gouvernement français garde néanmoins l’option d’utiliser la violence en cas d’atteinte aux biens et personnes des français installés en côte d’ivoire. Un discours qui a le mérite de confirmer l’argument de Gbagbo selon laquelle la France en côte d’ivoire avec ses alliés sont des force d’occupation et d’ingérence étrangères. Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) affirme disposer d’accusations étayées faisant état de la mort d’au moins 173 personnes dans des violences et des arrestations pendant la période allant du 16 au 21 décembre. L’ambassadrice des Etats-Unis auprès du HCDH, Betty E. King, a parlé pour sa part de près de 200 personnes tuées dans les violences qui ont suivi le deuxième tour du scrutin. Une nouvelle semaine commence… Sans issue visible!

Alassane Ouattara et son premier ministre Guillaume Soro, « retranchés » dans un hôtel

Journalducameroun.com)/n

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