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Couches jetables au Cameroun: les produits importés d’Asie et locaux plus toxiques

Couches jetables. (c). Droits réservés

L’alerte donnée par l’ANOR sur ces produits en provenance de France, a provoqué la sortie d’une association de consommateurs.

Le Directeur de l’Agence des normes et de qualité (ANOR) Charles Booto à Ngon, le 31 janvier, a attiré l’attention du ministre du Commerce (MINCOMMERCE) et de ses services techniques au sujet de « couches jetables pour bébé en provenance de France [qui] représentaient un risque pour la santé des bébés».

Il y a bien plus grave, selon M. Ayissi Abena, président de la Fondation camerounaise des consommateurs. Pour cette association, l’ANOR devrait protéger les consommateurs aux faibles revenus.

Notamment ceux qui utilisent les couches «no name» qui se retrouvent sur tous les étals. Elles ont pour seul emballage, un sac en plastique transparent, à l’intérieur duquel sont entassées des couches généralement non estampillées.

Leurs prix abordables, 100 Fcfa attirent bon nombre de clients «on a trois catégories de couches jetables sur le sol camerounais : celles importées d’Europe, notamment de France et d’Allemagne contrôlées par la norme de l’Union européenne, celles importées d’Asie qui ne sont contrôlées nulle part et les couches fabriquées au Cameroun.

Les Camerounais, majoritairement défavorisés, utilisent moins les couches incriminées qui coûtent chers que celles importées d’Asie ou fabriquées au Cameroun. Et les substances toxiques sont en quantité plus importante dans ces dernières catégories. En plus, celles fabriquées au Cameroun le sont dans des conditions déplorables», déplore M. Ayissi Abena.

En attendant de démêler le vrai du faux, les consommateurs continuent d’être exposés. «Nombre de patients arrivent ici avec leurs bébés ayant des irritations. Plusieurs fois, il s’est agi de couches jetables pas recommandées à l’origine de ces irritations. En général, dans ces cas, je demande aux patients de changer le type de couches jetables utilisés ou au mieux d’utiliser les couches carrées», indique Dr Defo, dermatologue.

La sortie du patron de l’ANOR s’appuie sur «une étude minutieuse menée par l’agence de sécurité sanitaire (ANSES) a conduit aux conclusions selon lesquelles certaines substances (carboxakléhyde et les hydrocarbures aromatiques polycycliques de dioxines ou de furanes…) dépasseraient les seuils sanitaires requis», peut-on lire dans la correspondance du 31 janvier 2019.

L’inquiétude de l’ANOR est suscitée par une alerte lancée en 2017 par des organisations de consommateurs, puis par l’ANSES en Europe. Des producteurs avaient alors été interpellés sur la question afin de retirer les substances controversées ou de les réduire dans leurs marchandises.

Charles Booto à Ngon rappelle par ailleurs que «ledit produit n’est pas soumis au Programme d’évaluation de la conformité avant embarquement (PECAE) des marchandises importées en République du Cameroun».

Une situation qui, selon lui, met les consommateurs en danger. Un dernier argument qui est essentiellement égoïste d’après le président de l’association de consommateurs.

«L’ANOR n’a qu’une seule source de revenus, le PECAE. Pour tout ce qui est importé, on paye des royalties pour qu’elle signe les certificats. Elle veut élargir sa source de revenus pour que les produits comme les couches jetables soient soumis à ces évaluations avant embarquement. L’ANOR doit être véritablement le protecteur des consommateurs», ajoute-t-il.



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