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Covid-19 et rumeur sur la mort du chef de l’Etat dans la presse camerounaise

La chasse au coronavirus a encore pris du volume dans les journaux camerounais parus vendredi, également révoltés par une vidéo virale, amplement véhiculée sur les réseaux sociaux et annonçant la mort du président Paul BiyaLe confinement total de la population serait-il une bonne option pour le Cameroun ? se demande Émergence. Selon le quotidien à capitaux privés en effet, face au Covid-19 qui fait rage, au moment où le gouvernement projette 3800 cas dans quatre semaines, il sera difficile, pour les autorités, de rester les bras croisés et attendre l’hécatombe.

Déjà deux décès et 88 cas confirmés au Cameroun, renchérit Mutations alors que 555 personnes attendent encore d’être testées et que le bilan devrait s’alourdir, étant donné que 13 cas ont été déclarés positifs sur 65 passagers des derniers vols déjà dépistés. Il y a également deux infirmières infectées, complète L’Œil du Sahel.

Ce qui se passe actuellement, croit savoir Baromètre Communautaire, c’est que le pouvoir va instaurer des dépistages massifs, une stratégie dépendant toutefois de la réception des 100.000 masques, 20.000 kits de tests et 1000 équipements de protection promis par le milliardaire chinois Jack Ma, fondateur du groupe Alibaba. Si c’est cela la condition, semble lui répondre en écho le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, ladite donation est a été réceptionnée la veille dans la capitale, Yaoundé.

En sus des dons et legs, le pouvoir va devoir mettre la main au portefeuille à hauteur de 45 milliards FCfa pour barrer la route au coronavirus, révèle pour sa part Le Financier d’Afrique, expliquant que cet argent proviendra des 220 milliards FCfa issus des titres publics que le pays entend lever sur le marché de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) dès le 8 avril prochain.

Dans ce climat cafardeux, constate Le Quotidien de l’Économie, ceux qui font actuellement de bonnes affaires sont les marchands de cache-nez et de gants en latex, particulièrement sollicités et à l’origine d’une inflation vertigineuse de ces protections sur le marché.

Mais, au-delà du virus, c’est davantage l’insouciance et l’indifférence qui tuent, tranche Repères, expliquant que le gouvernement entend mettre en branle l’arsenal pénal contre les comportements qui facilitent la propagation de la pandémie. Le moment est sans doute venu, pour le gouvernement, d’utiliser le fouet et de sortir les gros yeux, acquiesce The Post.

Pour sauver la société camerounaise du destin funeste qui lui est prédit, le sociologue Claude Abé, dans les colonnes d’Essingan, refuse de céder à la paresse intellectuelle qui représente, ni plus ni moins, que de la mauvaise camelote. Et de demander le basculement de la société de la désinvolture à une éthique de la vie qui repose sur l’articulation de la responsabilité en commençant par le plus petit des citoyens jusqu’au plus grand si tant est que cette catégorisation puisse s’appliquer.

Mais que pensent donc les hommes de Dieu de ce sinistre grandissant ? s’interroge The Guardian Post qui a entrepris d’interroger plusieurs pasteurs sur la question. Si ceux interrogés affirment s’en remettre à la prière, les avis divergent par contre sur quand et comment l’humanité pourrait se sortir de ce virus impitoyable.

S’il y en a un dont le silence commence à intriguer, c’est bien le président de la République en personne, soupire Le Jour qui s’interroge sur Paul Biya qui «garde un silence effrayant» devant une menace qui pèse sur l’ensemble des Camerounais, ce qui est un cas quasiment unique sur la planète, dont pratiquement tous les leaders ont pris la parole pour s’adresser à leur population menacée par un énorme danger.

Le voici pourtant qui s’affiche en couverture d’InfoMatin, Le Quotidien, Le Messager et La République. «Sérail : polémique sur la vraie-fausse mort de Biya», titre l’avant-dernière publication citée, se faisant l’écho de la rumeur répandue à ce sujet sur les réseaux sociaux, au moment où les citoyens attendent que le concerné sorte de son éternel confinement pour diriger la lutte contre le coronavirus.

Du haut de ses 87 ans, Paul Biya est bel et bien vivant et dirige son pays, prolonge La république qui en veut pour preuve de récents textes signés de sa propre main. Le patriarche et sage Africain qu’il est assume pleinement ses fonctions avec l’apport des Camerounais compétents issus de toutes les régions du pays alors que ses contempteurs, plutôt que de manipuler maladroitement l’opinion nationale et celle internationale avec la propagation de fausses nouvelles, via les réseaux sociaux sur son état de santé et sa vie, gagneraient à soigner leur image politique et proposer leurs différents projets de société au peuple, s’insurge Le Quotidien.

À quoi s’occupent donc les stratèges de la communication, grassement rémunérés, entretenus et logés dans les hautes sphères de l’État ? se demande quant à lui InfoMatin. Dénonçant un laxisme proche de la conspiration du silence, ce journal s’émeut de ce que, à maintes reprises, le chef de l’État et son épouse, en visite à l’étranger, aient essuyé des agressions diverses, sans que ceux qui sont censés anticiper, protéger et prévoir de tels débordements, donnent la preuve de leur dynamisme.

En tout cas, ajoute Cameroon Tribune, Paul Biya est bien vivant et vaque sereinement à ses occupations.


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